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Vous avez toujours souligné le rôle des structures familiales profondes dans l’explication des comportements. Quel rôle jouent-elles en l’occurrence ?
Il me semble que la famille souche comme on la connaît en Allemagne ou en Suède, qui reste soudée, moins éclatée, est un meilleur soutien éducatif et produit plus d’égalité, accepte moins le décrochage. A l’inverse, la famille nucléaire de type anglo-saxon protège moins, tolère beaucoup plus l’inégalité. Le type familial individualiste avec un héritage égalitaire qui est celui au fond du bassin parisien me paraît assez bien expliquer les revendications à l’égalité en France.
Ceci dit, j’ai changé de position sur le monde anglo-saxon : je pense qu’on y a atteint certaines limites. Les anglais sont en train d’arrêter les frais, et d’une certaine façon les américains sont tombés dans une certaine forte de folie de violence, religieuse, qui est une forme de régression. L’anthropologie de la famille donne des clés pour comprendre certaines situations, par exemple l’implantation du communisme sur les fondements de la famille communautaire. Mais je ne prétends pas non plus qu’elle explique toutes les transformations sociales.
La montée des inégalités est-elle un phénomène inéluctable ?
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Il y a deux solutions.
Si on ne touche pas au libre échange, on va vers davantage de tensions et d’affrontements, de plus en plus de violences, quels que soient les niveaux de vie. On propose aux gens une vie sans avenir, sans sécurité.
L’alternative c’est l’existence d’un processus politique, qui s’avère capable de prendre en compte la demande sociale et par un protectionnisme européen raisonné réintroduise de la sécurité.
Propos recueillis par Louis Maurin