La sociale démocratie du nord de l'Europe qui laisse une grande part au contrat et à la négociation entre partenaires sociaux, est "plus adaptée au monde d'aujourd'hui". (L'Express, 04/10/06
Dominique Strauss-Kahn a parfaitement raison de souligner l'importance de la concertation (Mitbestimmung allemande, Medbestämmande suédoise) dans les pays d'Europe du Nord. Ségolène Royal dit la même chose, mais elle joint le geste à la parole en organisant au travers des comités Désirs d'avenir une vaste concertation visant à développer concrètement le syndicalisme en France.
On peut raisonnablement espérer appliquer un peu de cette "Mitbestimmung" dans les relations sociales au sein de l'entreprise car, dans le fond, une entreprise française n'est pas si différente d'une entreprise danoise, suédoise ou finlandaise.
En revanche, importer le modèle nordique ex abrupto pour résoudre la "crise des banlieues" comme Dominique Strauss-Kahn semble le suggérer mérite plus de circonspection. Les pays nordiques n'ont jamais connu d'immigration économique de masse. La police jouit en Suède d'un grand prestige, ce qui n'est pas le cas en France, et les petits Scandinaves se voient inculquer par leurs parents et à l'école, dès le plus jeune âge, le respect de la collectivité.
Paris, le 6 octobre 2007
Dominique Strauss-Kahn a souligné son positionnement social-démocrate dans la course à l'investiture du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007, affichant une volonté de se démarquer des deux autres candidats, Ségolène Royal et Laurent Fabius.
@Reuters
Pour le député du Val-d'Oise, il s'agit d'avoir le "social comme objectif" et d'être "démocrate dans la méthode".
Dominique Strauss-Kahn, qui était interrogé sur France Inter, a fait valoir que la social-démocratie du nord de l'Europe, allemande ou scandinave, qui laisse une grande part au contrat et à la négociation entre partenaires sociaux, est "plus adaptée au monde d'aujourd'hui".
En France, une trop grande confiance est accordée à la loi pour régler tous les problèmes, a-t-il dit, jugeant que la gauche n'était "pas assez" social-démocrate quand elle était au pouvoir.
Sur le fond, le candidat à la candidature a estimé qu'une politique sociale-démocrate appliquée aux problèmes des banlieues devrait constituer "un équilibre satisfaisant entre la répression qui est nécessaire et la prévention et l'attaque des causes de cette délinquance."
Parmi ces causes, il a cité l'analphabétisme, le chômage et la "disparition du lien social". L'adjoint au maire de Sarcelles (Val-d'Oise) en veut pour preuve des "quartiers entiers" de sa ville où il n'y a "pas un bureau de poste, pas un commissariat de police, pas un service public."
Tout en reconnaissant que la gauche avait "peut-être laissé trop de côté les questions de la répression", il accusé à cet égard le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, de ne viser au contraire "que la répression".
"Ne croyons pas qu'on puisse vivre dans une société policière, vers laquelle aujourd'hui la droite nous oriente, qui consisterait à laisser les causes d'explosion se multiplier et à vouloir derrière simplement jouer les pompiers", a-t-il lancé.
De même, en matière d'immigration clandestine, l'ancien ministre de l'Economie a estimé que s'il fallait la "combattre", il fallait aussi s'attaquer à la filière qui favorise cette immigration : passeurs, logeurs de clandestins et aux employeurs de clandestins, plutôt que de "pourchasser les victimes".
mercredi 4 octobre 2006, mis à jour à 10:56
