"J'ai une responsabilité très importante, c'est que ces débats servent le combat suivant, et que ce temps-là ne soit pas perdu pour les Français." (LM, 28/09/06)

Publié le par François Alex

DAKAR ENVOYÉE SPÉCIALE

"J'irai." Informée de la décision prise par l'ensemble des responsables socialistes réunis en bureau national, mardi 26 septembre, d'organiser six débats publics pour confronter les candidats à l'investiture présidentielle du PS, Ségolène Royal a réagi depuis le Sénégal : "Par rapport à ces débats internes qui vont être imposés, j'irai, parce que je ne veux pas qu'on dise : elle refuse", a-t-elle expliqué aux militants et sympathisants socialistes français qu'elle avait conviés en fin de journée dans un cercle français de Dakar. "En même temps, a ajouté la candidate favorite des sondages, j'ai une responsabilité très importante, c'est que ces débats servent le combat suivant, et que ce temps-là ne soit pas perdu pour les Français."

AFP/SEYLLOU
Ségolène Royal à Dakar, le 26 septembre.

 

En réponse à une question de la salle sur ce sujet, la présidente de la région Poitou-Charentes n'a pas caché son peu d'enthousiasme pour ce qu'elle qualifie de "spectacle un peu curieux". "Ça va être une période assez pénible, a-t-elle déclaré, au sens où elle est risquée si ces débats ne servent pas le pays."

"ALORS ON N'A QU'À TIRER AU SORT"

A contrecoeur, Mme Royal se plie à la décision adoptée par le parti. "La droite, elle, n'a pas à passer cette épreuve de débats internes, de vote", a-t-elle souligné, avant de dénoncer les "attaques" dont elle estime être l'objet permanent de la part de ses concurrents : "Je suis la seule à avoir gardé la dignité du débat. C'est parfois un peu lourd à porter", a-t-elle affirmé. Une mise au point qui ne l'a pas empêchée de décocher ses flèches. "Si on commence à penser que n'importe qui peut être élu, alors on n'a qu'à tirer au sort", a ironisé Mme Royal. Après le premier débat public de Lens, Lionel Jospin avait estimé que tous les candidats pouvaient "perdre ou gagner".

Sur sa lancée, Ségolène Royal a poursuivi : "Je vois qu'il y a déjà des contestations (du vote). C'est à se demander si certains n'ont pas envie de perdre, si la machine à perdre n'est pas enclenchée. Il va falloir être forts, nous, les militants qui avons envie de gagner."

La confrontation entre les futurs candidats déclarés du PS n'est pas de nature, toutefois, à entamer sa détermination, et, mardi soir, Mme Royal l'a de nouveau prouvé. Quand un militant, après lui avoir reproché d'avoir "un concurrent au foyer, ça fait désordre", l'adjurait d'aller "jusqu'au bout", elle a répondu dans un éclat de rire : "Je vais suivre le conseil qui m'est donné. Ce sera le serment de Dakar."

Isabelle Mandraud
Le PS adopte une "charte du débat"

Le bureau national du PS a adopté le 26 septembre une "charte d'organisation du débat interne" pour la désignation de son candidat. Six débats seront organisés avant le premier tour du 16 novembre : trois télévisés (10 et 17 octobre, 7 novembre sur LCP-AN et Public Sénat), trois dans des fédérations (19 et 26 octobre, 9 novembre, retransmis sur www.parti-socialiste.fr). Chaque débat aura un thème : questions économiques et sociales, questions de société, d'environnement et de démocratie, questions internationales et place de la France en Europe et dans le monde. Les candidats disposeront de trente minutes chacun sans confrontation directe et répondront tous aux mêmes questions.

 
Article paru dans l'édition du 28.09.06
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