Mercredi soir, à l'invitation de Roger Madec, maire PS du 19e, sept adjoints au maire de Paris devaient participer à une réunion d'organisation de la campagne de Mme Royal à Paris. (LM, 28/09/06)
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a prévu de réunir, vendredi 29 et samedi 30 septembre, à Marcoussis (Essonne), son équipe municipale au grand complet, composée d'adjoints PS, Verts et PCF pour un séminaire de rentrée annuel. A l'ordre du jour : la circulation à Paris. Les débats promettent d'être animés, car pour la première fois, les maires d'arrondissement sont conviés.

à la mairie du 9e arrondissement à Paris, le 24 juin 2006.
Plusieurs d'entre eux (3e, 4e, 13e) critiquent violemment l'adjoint aux transports (Verts) Denis Baupin qui, dans le projet de plan de déplacement de Paris qui sera voté début 2007 au Conseil de Paris, envisage de nouvelles restrictions pour les voitures à Paris (Le Monde du 20 septembre). Le maire de Paris se dit soucieux "d'apaiser la voirie parisienne". Le budget 2008 de la Ville devrait consentir un effort important pour les transports en commun, notamment plus de bus dans les nouveaux couloirs, a-t-il promis, lundi 25 septembre. Mais "je ne serai pas l'otage du lobby automobile", a-t-il aussitôt ajouté.
L'opposition UMP et UDF n'entend pas laisser la majorité seule accaparer le débat. M. Delanoë est "l'homme qui a inventé les embouteillages la nuit", s'est exclamé, lundi 25 septembre, Françoise de Panafieu. Avec d'autant plus de vigueur que la candidate (UMP) à la Mairie de Paris a été élue, le même jour, - 51 voix sur 51 votants - à la tête du groupe UMP à l'Hôtel de Ville. Ce qui lui permet de prendre la tête d'une famille enfin "unitaire et soudée", a-t-elle insisté.
Mercredi 27 septembre, à l'invitation de Roger Madec, maire (PS) du 19e et "royaliste" de la première heure, sept adjoints (PS) au maire de Paris - Christophe Caresche (porte-parole de Mme Royal), Christian Sautter, Olga Trostiansky, Christophe Girard, François Dagnaud, Lyne Cohen-Solal, Mireille Flam - devaient participer à une réunion d'organisation de la campagne de Mme Royal à Paris. Un appel parisien en sa faveur, lancé mardi dans les sections du PS, comporte leur signature avec celle de Dominique Bertinotti, maire (PS) du 4e et d'une cinquantaine de responsables PS parisiens. Les amis de Mme Royal espèrent aussi le ralliement de Patrick Bloche, président de la fédération socialiste de Paris.
M. Delanoë n'a rien tenté pour dissuader les membres de son équipe de rallier Mme Royal. "Je ne suis pas un notable qui fonctionne dans le clanisme, dit-il. Ce n'est pas à moi de dire où est le bien et le mal." Tous lui reconnaissent ce mérite. Cela n'empêche pas M. Caresche, député du 18e arrondissement, fief de M. Jospin, et adjoint à la sécurité du maire de Paris, de s'inquiéter. "Les primaires à Paris risquent d'être très violentes, dit-il. Si Lionel Jospin se présente, je n'exclus pas des manifs de militants PS contre lui, rue du Regard (domicile de M. Jospin)". Pour Bertrand Delanoë, poursuit un autre élu "royaliste" parisien, "il sera du coup très difficile d'aller expliquer son choix aux militants".
Pour beaucoup, le maire de Paris risque de faire les frais de son soutien à M. Jospin. "Il faut qu'il se méfie, avertit un socialiste parisien, tout se passe comme si l'image de la rénovation qu'incarnait Delanoë dans la vie politique au niveau local et national était en train de lui échapper au profit de Ségolène." La droite exploite le filon : "Bertrand Delanoë se ringardise en soutenant Jospin", affirme Jean-François Legaret, maire (UMP) du 1er arrondissement, porte-parole du groupe à l'Hôtel de Ville.
M. Delanoë a pris une nouvelle fois ses distances, lundi, vis-à-vis de Mme Royal : "Atypique, Ségolène ? Je la trouve assez classique, au contraire, dans sa manière de faire de la politique. La démocratie participative, je n'en parle pas, moi, je l'ai fait !", s'est-il exclamé.
Première adjointe à la mairie de Paris qui soutient M. Jospin, Anne Hidalgo le pense aussi : "Le ringardisme n'est pas forcément là où on le dit. Delanoë incarne la rénovation en profondeur et non en apparence." Lundi, le maire de Paris confiait : "Je n'ai pas peur et j'ai le sens du temps." Avant de laisser planer, comme à chaque fois que la question lui est posée dans les moments délicats, des doutes sur sa volonté de se représenter aux élections municipales de 2008.
Béatrice Jérôme
