RAPPORT SUR LES PERSPECTIVES DE LA POLITIQUE SOCIAL-DEMOCRATE / Gosta Esping-Andersen

Publié le par François Alex

RAPPORT SUR LES PERSPECTIVES DE LA POLITIQUE SOCIAL-DEMOCRATE.

Gosta Esping-Andersen

SYMPTOMES.

Les bases qui ont soutenu les politiques d’égalité, de solidarité sociale et d’emploi de la social-démocratie, souffrent un processus d’érosion. Les raisons fondamentales en sont:

1) L’internationalisation du capital, des finances et du commerce. Que savons-nous?

La social-démocratie de l’après guerre assuma le contrôle gouvernemental des flux financiers et des capitaux. Dans de nombreux cas, le protectionnisme était la source principale d’inspiration politique. Aujourd’hui, l’ouverture est une condition sine que non dans tous les pays du monde pour pouvoir croître. Le keynésianisme et la social-démocratie ne sont plus possibles dans un seul pays. Le commerce global et, surtout, la technologie accélèrent le processus de désindustrialisation, mais ne réduit pas le nombre d’emplois nets. On exagère la menace du Tiers Monde: plus de 90% du commerce européen a lieu dans le cadre de l’UE.

Questions:

a) Pourquoi devons-nous protéger les industries nationales décadentes?

b) Devrions-nous essayer d’appliquer un keynésianisme multinational? Comment serait-il?

c) Qu’est une politique industrielle postindustrielle appropriée?

 

2) Emploi et chômage: les marchés du travail échouent. Que savons-nous?

La social-démocratie de l’après guerre connut un marché du travail qui n’existe plus aujourd’hui. Le compromis du plein emploi a doublé depuis l’Ere Dorée grâce à l’incorporation de la femme au travail. Il existe davantage d’emplois dans le secteur tertiaire. Ces emplois exigent une formation plus importante. Les travaux intensifs de peu de formation doivent être fournis par les services sociaux et personnels: tous deux fort sensibles aux coûts du fait de leur productivité basse. Le taux de chômage, qui n’accélère pas l’inflation (NAIRU), indique qu’un pourcentage élevé de travailleurs est atteint par le chômage structurel. La protection du travail et les salaires élevés tendent à produire une division entre les employés et les chômeurs. Les salaires peu élevés perçus par les personnes moins formées ou par les plus jeunes créeront plus d’emplois, mais créeront en même temps plus d’inégalités. Il existe un vaste consensus sur le fait que le marché requiert plus de flexibilité. Ceci peut augmenter l’insécurité. Il existe un dernier fait évident: la croissance de l’emploi n’a pas de limite "naturelle". N’importe quelle politique, qui se fonde sur l’hypothèse d’une "somme globale du travail", est fallacieuse.

Questions?

a) Devons-nous continuer à éviter la polarisation des salaires, même si nous provoquons, ainsi, du chômage? Pouvous-nous tirer des conclusions positives de la stratégie américaine des salaires bas?

b) Comment pouvons-nous rompre la dichotomie travail-inégalité?

c) Dans certains cas, on a pu résoudre ce désajustement en donnant des subsides aux travailleurs les moins qualifiés et à ceux qui ont plus de difficultés à trouver un emploi (les femmes et les jeunes). Dans les pays scandinaves, on l’a fait en créant de l’emploi public; dans d’autres pays, en créant des impôts négatifs. Ces solutions, sont-elles les meilleures? Sont-elles, per se, des solutions?

d) Comment profiter de la souplesse sans créer de l’insécurité parmi les travailleurs?

e) l’existence d’un grand nombre d’emplois à bas salaires est-elle néfaste? Comment les réconcilier avec nos objectifs égalitaires de bien être?

f) Les femmes doivent choisir entre la discrimination du travail ou des salaires moins élevés. Les cotas et la discrimination positive sont-ils une solution?

g) En général, que veut dire égalité et sécurité du marché du travail de l’ère postindustrielle?

h) Y-a-t-il accord sur le fait que la solution dépendra de la formation et de l’éducation. L’éducation est-elle le Saint Graal? Comment créer une politique de l’éducation postindustrielle juste et égalitaire?

 

3) Nouvelles familles plus instables: la famille a échoué. Que savons-nous?

La politique de l’après guerre se fondait sur un type de famille qui n’existe plus. Les femmes travaillent et, chaque jour davantage, sont plus nombreux les foyers avec deux membres ayant un salaire ou les familles monoparentales. C’est bien pour éviter la pauvreté; mais, c’est mauvais pour la natalité et pour la stabilité familiale. La crise du vieillissement est, en réalité, une crise de natalité. Les femmes subissent une grande tension entre le travail et leurs obligations familiales. Le nombre de séparation augmente, ainsi que des divorces et des familles monoparentales. Les enfants courent de grands risques. Lorsque tout le monde travaille, la famille et la société civile sont "vides" pendant les heures de travail. Les exclus du marché du travail courent un grand risque d’isolement.

Questions:

a) Comment faire pour que la femme puisse se consacrer à sa carrière professionnelle sans pour cela porter préjudice à la société?

b) Les politiques de natalité n’ont pas bonne réputation. Comment encourager la natalité? Devons-nous la compenser avec l’immigration?

c) Comment réduirons-nous les conséquences négatives de la rupture de la famille au sein de l’Etat de Bien Etre.

d) Comment réconcilier la famille et le travail?

e) La social-démocratie devra-t-elle créer une nouvelle politique de la famille?

 

4) Le cours de la vie. Que savons-nous?

La politique de l’après guerre se fondait sur un type de vie linéaire et standardisé. Les hommes travaillaient depuis l’âge de 15 ans jusqu’à l’âge de 65 ans, les femmes se transformaient en maîtresses de maison après avoir eu leurs enfants. Les années de retraite n’étaient pas nombreuses. Aujourd’hui, la vie est beaucoup plus complexe et instable. Il n’y a pas de distinction de sexes; on commence à travailler plus tard et on arrive avant à la retraite. On travaille pendant 30-35 heures par rapport aux 40-45 d’autrefois. La retraite dure 20 ans, par rapport au maximum de 10 ans d’autrefois. La période active ne posait pas de problèmes, aujourd’hui elle est la période à plus haut risque (chômage, rupture de la famille, pauvreté). Les possibilités de tomber dans des pièges de longue durée sont énormes. Les opportunités de la vie se dirigent vers une polarisation entre une première et une seconde division.

Questions:

a) Devons-nous de nouveau reposer le problème du cours "normal" de la vie?

b) Quelle sorte de politique d’égalité des chances a notre société contemporaine?

c) Quelles sont les meilleures politiques pour éviter les pièges de marginalisation?

 

5) L’Etat de bien être. Que savons-nous?

L’Etat de bien être de l’après guerre se concentrait sur la santé, l’éducation et les transferts de revenus. Il se fondait sur des familles stables et un chômage sporadique et cyclique, si chômage il y avait. La redistribution favorisait les personnes âgées. Aujourd’hui, la famille et le marché du travail "ont échoué", la natalité baisse et la population vieillit. Tout ceci nous mène à une crise financière. A l’exception des pays scandinaves, dans les autres pays, la plus grande partie des dépenses sert à payer les retraités, bien que la plupart des risques retombe sur les jeunes. Le principe de l’inclusion universelle peut être torpillé par les différentes alternatives existant sur le marché des triomphateurs de la société postindustrielle.

Questions:

a) Devons-nous modifier les objectifs de l’Etat de bien être? Devons-nous nous efforcer davantage pour couvrir les nécessités de la famille?

b) Comment rétablir le lien entre la politique de la famille et la politique du travail?

c) Devons-nous dévier les revenus réservés aux personnes âgées et les diriger vers les jeunes?

d) Serait-il souhaitable de créer une nouvelle politique sur le cours de la vie.

e) L’umiversalisastion a-t-elle perdu de son importance? Devons-nous nous centrer davantage sur des plans faits à la mesure. Peut-être une nouvelle combinaison du public et du privé?

f) Sommes-nous d’accord avec les libéraux sur le fait que l’Etat est "surchargé"? Sa fonction s’est-elle épuisée?

g) Par conséquent, devons-nous privatiser ou centraliser? Comment?

h) Où préférons-nous avoir le marché à l’Etat? Le secteur tertiaire est-il une alternative réelle et souhaitable?

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