07.04.06 / Le Monde/Je pense que le moment des femmes est venu, non pas pour les femmes, mais pour l'harmonie de la vie, tout simplement, et pour le bonheur des hommes et des femmes.
Rappelant l'affaire du contrat première embauche, PPDA demande à la dame s'il est encore possible de procéder, en France, à quelque réforme que ce soit. "Pour réformer, il faut d'abord savoir écouter", dit-elle.
Le principal reproche qu'elle adresse à Dominique de Villepin est son arrogance. "Il croit qu'il détient la vérité à lui tout seul, et ça, dans la France contemporaine, c'est terminé. Dans une société complexe, il faut associer les citoyens aux décisions qui les concernent." Les formules s'enchaînent, qui, tombées d'une autre bouche, seraient classées résolument à droite : "Il faut réconcilier la société française avec ses entreprises" ; "Il faut rapprocher l'université des entreprises" ; "La France a besoin aujourd'hui de salariés bien formés, motivés, correctement payés".
On en vient à l'essentiel. La France est-elle prête à accueillir une femme à l'Elysée ? "Je le pense." Vient alors cette déclaration magnifique : "Je pense que le moment des femmes est venu, non pas pour les femmes, mais pour l'harmonie de la vie, tout simplement, et pour le bonheur des hommes et des femmes."
Le bonheur, dont Saint-Just avait dit qu'il était une idée neuve en Europe et dont la poursuite figure parmi les droits gravés dans le marbre de la Constitution des Etats-Unis d'Amérique, venait de faire une entrée fracassante dans cette précampagne présidentielle à la française.
Germaine de Staël, femme fameuse en son temps, qui avait conclu, après quelques revers personnels, que "la gloire était le deuil éclatant du bonheur", devait, une fois de plus, se retourner de douleur dans sa tombe.