FAUT-IL BRÛLER LE MODÈLE SOCIAL FRANÇAIS ?

Publié le par Les Echos du 9 mars 2006 - Page 15

FAUT-IL BRÛLER LE MODÈLE SOCIAL FRANÇAIS ? par Dominique Méda et Alain Lefebvre Seuil, 160 pages, 9 euros.
 
« La France n'ose plus, elle doute et, faute de mouvement décisif, recule. » Désormais classique dans les milieux politiques, notamment à droite, l'interrogation sur l'avenir du modèle social français l'est moins chez les sociologues et experts du social. C'est le mérite du petit livre écrit par Dominique Méda et Alain Lefebvre, conseiller pour les affaires sociales à l'ambassade de France à Stockholm, que de dresser l'état des lieux du fameux « modèle » hérité de l'après-guerre et des Trente Glorieuses. Un modèle qui n'en est plus un, à la fois parce qu'il ne tente plus grand monde à l'extérieur, et surtout pas les nouveaux pays européens, et parce qu'en l'occurrence, il s'agit plutôt de démystifier. Ce qui caractérise notre système de protection sociale n'est pas la solidarité, mais plutôt la reproduction des inégalités à l'oeuvre sur le marché du travail, notamment parce qu'il privilégie une seule classe d'âge et les travailleurs les plus productifs.

Dans ces conditions, il n'y a que deux solutions possibles : embrasser le modèle britannique, qui repose sur l'individualisme, ou se rallier franchement au modèle des pays scandinaves, qui allient un haut niveau de redistribution, une résistance de l'Etat providence et une « double alliance de compétitivité et de solidarité ». C'est ce choix que les auteurs proposent sans hésiter à la France.

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