Un petit jeu-concours proposé par Alain Lefebvre: rocardisme, ségolénisme et sociale démocratie ; Bad Godesberg à la française ? (22/10/2006)
Coïncidence: je fais part avant-hier à Alain Lefebvre de mon irritation devant le monopole que s'arroge DSK à la fois sur le rocardisme (et les anciens rocardiens) et sur la sociale démocratie ; il me répond que justement il vient d'envoyer le test ci-dessous...
Lors d'un tractage récent sur un marché du 15ème arrondissement, je demande à un camarade, Conseiller de Paris, à quelle "chapelle" il appartient... il m'avait précisé quelques minutes plus tôt qu'il était "social démocrate", et j'aurais donc dû en déduire, d'après lui, qu'il voterait pour DSK !...
Un autre camarade, sur un autre marché, semblait ne pas comprendre que l'on puisse être ancien rocardien et voter pour Ségolène Royal !
Ce double monopole que DSK prétend s'arroger à la fois sur le rocardisme et la sociale démocratie est absurde, comme tente de le montrer le petit jeu-concours ci-dessous d'Alain Lefebvre...
Le présent billet est l'occasion de créer une nouvelle catégorie baptisée: "BAD GODESBERG A LA FRANCAISE" qui s'inspire d'un article de Julliard du Nouvel Observateur (8 juin 2006).
Cette catégorie tout-à-fait essentielle pour le site Gonordisk a pour but de montrer que Ségolène Royal est sans doute la meilleure héritière de Michel Rocard, essentiellement du point de vue de la "méthode", et que Dominique Strauss Kahn n'a pas "le monopole de la sociale démocratie"...
François Alex
Animateur du Réseau Gonordisk
Paris, le 22 octobre 2006
Voici le texte d'Alain Lefebvre...
Michel Rocard et Ségoléne Royal partagent plus que l´on ne pense, notamment la même appréciation sur les pays nordiques. Je les ai pilotés il y a quelques temps à Stockholm, à quelques années d´intervalle. Mais pouvez-vous me dire dans ce qui suit ce qui est du Michel Rocard et du Ségolène Royal?
Extrait 1(on commence facile)
Je pars d'un constat : la machine est bloquée. La France est en manque d'oxygène et d'espoir. Il faut redonner aux entreprises exposées l'agilité dont elles ont besoin pour être réactives, et aux salariés les sécurités dont ils ont besoin tout au long de leur parcours professionnel. Pourquoi chaque année 30 % des salariés danois changent-ils de travail sans drame ? Parce qu'ils ont un filet de sécurité solide. La protection n'est pas l'ennemie mais la condition de la prise de risque. La souplesse et la sécurité doivent aller de pair : c'est un choix de société et d'efficacité. Et celui de la motivation au travail. » Mais aucune loi n'abolira jamais le fait que la femme plus que le mari se soucie chaque jour de l'avenir des enfants, que la femme plus que le mari souffre de l'exiguïté ou de la mauvaise conception d'un logement, que la femme plus que l'homme soit victime de la délinquance. Et qu'on ne s'y trompe pas, je parle ici de toutes les femmes et pas seulement de celles qui sont privées d'emploi. Or, elles restent exclues de ce qu'on appelle pourtant le dialogue social. Où sont écoutées, où sont entendues, les 2 millions de femmes chefs de famille, célibataires, veuves ou divorcées ?
Extrait 3
Chaque révolution industrielle a fini, non sans luttes, par déboucher sur sa contrepartie sociale. Celle du charbon et de la machine à vapeur a apporté les premières lois sociales et la reconnaissance des syndicats. Celle de l'électricité et de l'automobile a conduit à un système global de protection sociale et à une amélioration du pouvoir d'achat des salariés. Nous vivons aujourd'hui la troisième, celle des technologies de l'information et de la communication sur fond de mondialisation accélérée : le vieux compromis fordien est mort mais aucun "bon deal", aucune "nouvelle donne", ne l'a encore remplacé. D'où ce déséquilibre ravageur entre le capital et le travail. Tant que nous n'aurons pas réussi à mettre en place les nouvelles sécurités adaptées aux mutations de notre monde, la peur et la méfiance l'emporteront.
Le CDI doit rester la base, car une société qui se précarise dans ses principes fondamentaux va à la dérive. Le CDI, c'est le droit - fondamental pour tout être humain - à la sécurité d'un salaire et à la dignité d'un métier. Il doit être la colonne vertébrale, et c'est par le dialogue social qu'il faut définir ce qui doit être assoupli, en tenant compte de manière équilibrée des besoins des entreprises, en particulier de celles qui innovent et prennent des risques, et de la dignité des salariés, qui ne sont pas une variable d'ajustement jetable.
Extrait 9 ( sur le projet socialiste) (facile)
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Alain Lefebvre
http://societesnordiques.blogspirit.com/
http://nouvellesdunord.blogspirit.com/
Auteur avec Dominique Méda de "Faut-il brûler le modèle social francais?" Editions du Seuil