Le tiercé, c'est leur dada
Le tiercé, c'est leur dada
C'était le temps des certitudes pour les royalistes : au meeting de Frangy-en-Bresse, le 20 août, François Rebsamen affirmait, un brin condescendant, qu'"il faudrait qu'il y ait quelques candidats qui se retirent". Puis, le 10 septembre, à Quimperlé, Jean-Yves Le Drian prédisait rien de moins qu'"un raz-de-marée en Bretagne" en faveur de sa candidate. Ses rivaux avaient beau affirmer que "rien n'est plié" (Pierre Moscovici dans Le Figaro du 6 septembre), leurs pronostics restaient inaudibles. Jusqu'au chahut du Zénith de Paris, le 26 octobre, à partir duquel fabiusiens et strauss-kahniens se sont montrés davantage persuasifs : le 28 octobre, DSK prédisait en "une" de Libération "Je peux battre Ségolène": "Il y a une dizaine de jours, je sentais un frémissement en ma faveur, aujourd'hui, c'est un mouvement." Puis au Monde, le 3 novembre: "J'ai la conviction qu'il peut y avoir un deuxième tour et que, si tel est le cas, il sera très ouvert. (...) Je ne vois pas la réserve de voix dont pourrait disposer Ségolène Royal", déclare-t-il, avant de lancer des passerelles en direction des militants fabiusiens. Mais là, problème. Laurent Fabius ne voit pas les choses de cette façon : "Je pense que je serai vraisemblablement deuxième au premier tour et j'espère être premier au deuxième tour", assure-t-il en marge d'une réunion publique à Clamart (Hauts-de-Seine), jeudi 2 novembre. On finirait par croire qu'il n'y a que Ségolène Royal, tout à l'espoir qu'il n'y ait qu'un tour, qui ne se voit pas au second.
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