M. Delanoë a avoué des "désaccords" avec Ségolène, notamment sur Tony Blair. "Moi, je ne lui ai jamais ciré les pompes, je me sens plus proche de l'expérience de la Scandinavie"
Mon cher Bertrand, il est urgentissime que tu viennes consulter le blog Ségonordic !
Pour "DSK" et Jack Lang, les jeux ne sont pas faits
rop de candidats, "trop de campagnes individuelles", regrette Bertrand Delanoë, en parlant du PS. "Nous ne parlons que du sauveur suprême ou de la sauveuse, ce n'est pas sain", a déclaré dimanche 14 mai sur Europe 1 le maire de Paris. "La gauche n'est pas haute. En quatre ans, elle n'a pas été capable de créer véritablement une alternative. Les Français ne nous appellent pas", déplore de son côté Dominique Strauss-Kahn. Ces constats alarmistes n'empêchent pas les socialistes de se disputer de plus belle l'investiture du parti pour l'élection présidentielle de 2007.
Samedi, dans une salle de l'Assemblée nationale, M. Strauss-Kahn a rassemblé ses partisans pour témoigner de sa "détermination" à se présenter. Devant un écran blanc où s'inscrivaient en lettres rouges et bleues "DSK 2007", l'ancien ministre s'est présenté comme le meilleur représentant d'une "gauche responsable". "2007 n'est pas 1997, a-t-il lancé. Ceux qui croient qu'il suffira de singer la politique du gouvernement Jospin s'exposent à de sérieuses déconvenues." Pour mieux faire la différence avec Ségolène Royal, le dirigeant socialiste en est venu à en faire beaucoup sur "l'adversaire" Nicolas Sarkozy. "L'homme est puissant, c'est un combattant redoutable, il est compétent, il sait débattre, a-t-il déclaré. Nous ne pouvons pas croire que nous gagnerons simplement parce que n'importe quel socialiste, n'importe quel homme ou femme de gauche, sera candidat face à lui." Pour ses partisans, qui comptent sur le ralliement des amis de Lionel Jospin, M. Strauss-Kahn est "l'anti-Sarko", donc "le meilleur" comme le proclamait une banderole tendue par des jeunes.
COLÈRE
La démonstration est sous-tendue par une vraie colère contre Mme Royal, favorite des sondages. Contre ceux qui déroulent "le tapis vert des sondages pour ne pas nous affronter sur le terrain des idées", Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris a prévenu : "Nous opposons une froide et courtoise détermination à ceux qui nous disent : dégagez, circulez, les jeux sont faits." Dans les couloirs, Jean-Marie Le Guen, autre député parisien, s'emportait contre la "confiscation du parti".
Une même colère anime Jack Lang, qui a écrit une lettre à François Hollande dont il a rendu public le contenu, vendredi 12 mai, sur i-télé. Il en veut au numéro deux du parti, François Rebsamen d'avoir, dans le Nouvel Observateur, invité les candidats à se désister face à Mme Royal ou... M. Hollande : "Certains méprisent le débat et certains candidats, c'est écrit noir sur blanc." Réclamant le "respect", il rappelle qu'au moment du référendum sur la Constitution européenne il s'était "opposé à ceux, nombreux à l'époque, qui voulaient faire la peau à François Hollande" et fait "bouclier".
Le choix de Ségolène Royal, à laquelle le New York Times consacre six pages cette semaine, ne s'impose pas.
M. Delanoë a avoué des "désaccords" avec elle, notamment sur la notion d'"ordre juste" et sur Tony Blair. "Moi, je ne lui ai jamais ciré les pompes, je me sens plus proche de l'expérience de la Scandinavie", a souligné le maire de Paris sur Europe 1. Pour M. Delanoë, comme pour Claude Allègre, c'est toujours Lionel Jospin le "meilleur".
