les gens ne votent plus pour des promesses dont ils savent qu'elles ne résisteront pas à la réalité, mais pour des personnalités intègres et courageuses capables d'agir selon leurs principes

Publié le par François Alex

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Perspective: Comment Ségolène a ringardisé le parti socialiste
20 Minutes | édition du 28.04.06

C'est désormais limpide, les « éléphants » du Parti socialiste cherchent à coincer Ségolène Royal. Ils ne s'en cachent même plus. En réclamant un débat public avec la candidate favorite de la gauche et des Français pour la présidentielle, ils veulent apporter la preuve que Ségolène n'est qu'une baudruche populiste et qu'eux seuls sont les dépositaires de la substance politique.

Trois éléments risquent de compliquer cette tactique.

Le premier est l'idée selon laquelle tout se joue sur le programme et que seul un catalogue de mesures défendues avec charisme et conviction peut permettre de l'emporter. Ce sont les 110 propositions de François Mitterrand en 1981. En 2006, rien n'indique que cette vision planificatrice de la politique soit la plus susceptible de rallier les Français. Par manque de courage et de constance, Chirac comme Jospin ont de toute façon stérilisé le terrain des promesses. Aujourd'hui, les électeurs savent que l'instabilité est devenue la contrainte dominante. Et que les politiques doivent s'adapter. Corollaire de cela (et conviction de Ségolène) : les gens ne votent plus pour des promesses dont ils savent qu'elles ne résisteront pas à la réalité, mais pour des personnalités intègres et courageuses capables d'agir selon leurs principes.

Le second élément tient dans l'ossification de la pensée socialiste. Au dogme « je-suis-plus-à-gauche-que-toi », Ségolène oppose un pragmatisme qui va lui faire chercher des idées ailleurs, chez les sociolibéraux européens qui explorent de nouvelles voies.

Le troisième élément tient dans l'image du PS révélée par Ségolène Royal : ses caciques que l'on croyait progressistes et « paritaristes » se sont montrés ringards (en plus d'être machos). Pour s'en convaincre, il suffit de regarder les images de la manifestation anti-CPE de février dernier où les leaders du PS apparaissent côte à côte : Laurent Fabius a revêtu le chapeau et l'écharpe Mitterrand, Jack Lang campe la mitterrandolâtrie éternelle, François Hollande peine à exister et Dominique Strauss-Kahn semble las de n'oser exprimer ses idées.

Pour le PS, c'est sans doute le pire dommage collatéral causé par l'ascension de Ségolène : jusqu'ici, il apparaissait comme un parti sans idées ; aujourd'hui, il est un parti vieux et sans idées.

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Frédéric Filloux, directeur de la rédaction


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Le programme ne fait plus un présidentiable. Son caractère, sa personnalité, si.



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