Mais de l'expérience pour quoi faire ?
Evénement
Présidentielles Editorial
Dynamitage
Par Jean-Michel THENARD
mercredi 19 avril 2006
Mais c'est parier que la France a encore le désir d'un président monarque à la de Gaulle ou à la Mitterrand, figure paternelle âgée, couturée de cicatrices, bardée d'expérience dont surtout celle des défaites. Mais de l'expérience pour quoi faire ? Chirac a démontré qu'elle ne suffit pas à garantir les résultats. Avec son bilan étique, il a dévalorisé la fonction de monarque. Après lui, il importe d'en finir avec une pompe pseudo-républicaine qui n'a pas même servi à dissimuler la perte d'influence de la France sous son règne. Qui incarnera le mieux l'avènement d'une présidence efficace en phase avec le quinquennat ? Car le mandat de cinq ans oblige le président à se mouiller, à gouverner en équipe et à ne plus chercher seulement à se protéger derrière son Premier ministre. Pour l'heure, Fabius, Jospin, Lang, incarnent moins ce changement qu'ils ne font hommes du passé. Si Royal a aujourd'hui les faveurs de l'opinion, c'est qu'elle personnifie à la fois le dynamitage d'un système à bout de souffle et la demande sécuritaire avec sa conception de l'«ordre juste» de mère de famille. Cela en fait une candidate au moins aussi crédible que Sarkozy, qui en matière de rupture avec la politique chiraquienne a, lui, encore à faire ses preuves.
a «malchance» de Ségolène Royal est-elle d'être populaire trop tôt ? Le pronostic de Rocard, spécialiste en rendez-vous ratés, en vaut mille, lui qui, comme Balladur, a vécu l'expérience de passer du statut de favori à celui de perdant magnifique. Si on le suit, Fabius et Villepin, aujourd'hui au plus bas, sont les mieux placés pour la prochaine présidentielle ! Reine du printemps, Ségolène Royal peut craindre, bien sûr, d'être déchue à l'automne, comme le prédisent les meilleurs experts.
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