La «flexi-sécurité» de l'emploi / L'Express du 25/10/2004

Publié le par François Alex

L'Express du 25/10/2004
Danemark
La «flexi-sécurité» de l'emploi

par Julie Joly



Il y a quelques années, le Danemark prenait une décision qui ne risque pas de faire école: faire passer la durée d'indemnisation des chômeurs de sept… à cinq ans. Ce qui reste encore très généreux! D'autant que, pendant tout ce temps, au-dessous de 20 000 € par an, les chômeurs reçoivent 90% de leur ancien salaire. Ce à quoi s'ajoutent un suivi individuel permanent et des formations à volonté. Folie des grandeurs? Les résultats sont là: «Les Danois restent, en moyenne, moins d'un an sans emploi, observe à Copenhague le consultant Ry Morten, associé chez Deloitte Touche Tohmatsu. Ils affichenti le taux de chômage de longue durée le plus bas d'Europe.» Et l'un des plus faibles taux de chômage tout court: 5,6% en 2004, contre près de 10% dix ans plus tôt. La générosité du régime d'assurance-chômage est-elle la clef de ce succès? De l'avis des partenaires sociaux eux-mêmes, pas seulement: la baisse du chômage s'explique aussi, et surtout, par une gestion de l'emploi toute scandinave, à la fois sociale et ultralibérale. C'est ce que l'on appelle la «flexi-sécurité»: un filet de sécurité fort pour les chômeurs, mais une flexibilité totale du marché du travail. Ici, pas de salaire minimum, pas de durée légale du travail ni même de contrats types: tout salarié peut se faire virer aussi vite qu'il a été recruté. Copié sur le système anglo-saxon, le Code du travail danois ne pèse pas lourd, puisque «tout ou presque est négocié au niveau des branches d'entreprise», souligne Ry Morten. A la différence du Royaume-Uni, ici, 80% des salariés sont syndiqués et la générosité de l'assurance-chômage n'est remise en question par personne. La France pourrait-elle s'inspirer de l'école danoise? Le libéral ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, ne cache en tout cas pas son intérêt.
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Publié dans FLEXICURITE

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