L'Europe tiraillée entre la "flexisécurité" des pays nordiques et le néolibéralisme / LE MONDE | 23.03.06
Mais le modèle nordique fait difficilement école parmi les nouveaux membres. Ceux-ci enregistrent des performances très encourageantes. En terme de produit intérieur brut par habitant, la Slovénie est passée devant le Portugal. Niveaux d'imposition faibles, politiques libérales, ces pays s'inspirent plutôt de la Grande-Bretagne des années 90 et surtout de l'Irlande. En pleine transition, ils bénéficient de la présence d'investisseurs étrangers, allemands, autrichiens, italiens et français en particulier. Leurs finances publiques sont saines. Leur inflation a baissé. D'autres pays, comme l'Italie, la Grèce et le Portugal sont au contraire menacés de décrochage. La structure de leurs économies les rend vulnérables à la concurrence des pays émergents. Du fait de leur appartenance à la zone euro, ces pays ont perdu la possibilité de dévaluer leur monnaie pour doper leurs exportations. En dépit d'une croissance très dynamique, l'Espagne n'est pas non plus à l'abri, à plus long terme, de sérieuses difficultés. Bulle immobilière, inflation soutenue, les experts craignent qu'elle perde en compétitivité.
SITUATION INTERMÉDIAIRE
Les deux principales puissances économiques de la zone euro, la France et l'Allemagne, sont dans une situation intermédiaire. Très compétitive sur les marchés internationaux, l'Allemagne engrange records sur records en terme d'exportation. Après les réformes menées par le chancelier Schröder, et le changement de gouvernement, le climat des affaires s'est amélioré alors que la France perd en compétitivité internationale. Si sa croissance, grâce à la consommation, reste encore au-dessus de celle de l'Allemagne, la France souffre de sa difficulté à mettre en oeuvre des réformes.