En pleine crise du CPE, Ségolène Royal avance quelques pistes de réflexion générales sur l'emploi des jeunes / Libération / 27 mars 2006
Quand Ségolène Royal se réclame de Zidane![]()
![]()
lundi 27 mars 2006 (Reuters - 19:11)![]()
PARIS - Le choix de Ségolène Royal de briguer l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle reposera sur des critères "collectifs" et non "personnels".
"Les victoires, comme le dit Zidane, sont d'abord collectives", déclare la présidente de la région Poitou-Charentes dans un entretien au quotidien La Provence.
"Si je suis la mieux placée pour l'emporter, je serai candidate. Je serai prête. Une candidature, ce n'est pas un choix individuel mais collectif", assure celle qui ne se sent "pas encore dans la peau d'une candidate".
Elle annoncera sa décision en septembre, comme le veut le calendrier fixé par François Hollande, son compagnon et premier secrétaire du Parti socialiste. Les militants doivent choisir leur candidat présidentiel fin novembre.
Interrogée sur les conditions pour que la gauche l'emporte en 2007, Ségolène Royal préfère ne pas répondre.
"Chaque chose en son temps. Le Parti socialiste joue aujourd'hui son rôle d'opposant, tout en définissant en même temps des propositions concrètes pour résoudre les difficultés d'un pays qui a soif d'avenir", souligne-t-elle.
Si d'aventure elle portait les couleurs socialistes en 2007, Ségolène Royal n'a pas d'adversaire de droite préféré et met Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy dans le même panier.
Les deux hommes "appliquent les mêmes politiques. Faire croire qu'au sein du même gouvernement, il pourrait y avoir un autre projet de société, c'est une histoire pour amuser les enfants", dit-elle. "Tous deux sont responsables et comptables de ce qui se passe en France aujourd'hui".
Elle réserve cependant plusieurs piques au ministre de l'Intérieur, présenté comme un "illusionniste de la sécurité" ne sachant pas s'attaquer aux "causes" de la délinquance.
De même, interrogée sur le mélange entre vie privée et vie publique, elle estime que les Français désapprouvent les étalages "indécents". "Certains ont tendance à le faire, cela exaspère les gens", explique-t-elle tout en confiant avoir atteint "une certaine sérénité" depuis que ses quatre enfants "sont grands et bien dans leur peau".
En pleine crise du CPE, Ségolène Royal avance quelques pistes de réflexion générales sur l'emploi des jeunes, la discrimination ou l'aide à la création d'entreprises.
<<< SEGONORDIC se penche notamment sur l'emploi des jeunes puisque ce groupe cherche à importer les "best practices" en provenance des pays nordiques. >>>
Elle se déclare notamment favorable à la création d'internats de quartier pour les jeune en difficulté et d'un service civil obligatoire pour filles et garçons.
"Supprimer le service militaire a été une erreur. Il aurait fallu le raccourcir pour que ce soit une expérience partagée et structurante pour toute une génération", souligne-t-elle.