Depuis l'hiver dernier et le lancement du site internet "Désirs d'avenir", on a recensé 485 comités, nés de contacts pris entre internautes. (Challenges, 20/09/2006)
"Désirs d`avenir", rouage de campagne de Ségolène Royal
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal entend fonder sa campagne pour l'investiture présidentielle socialiste sur les comités locaux "Désirs d'avenir", un "laboratoire d'idées" selon ses partisans qui se défendent de vouloir constituer un courant au sein du PS, comme le disent certains rivaux.
Mardi soir à Bondy, la présidentiable favorite des sondages - qui n'est toujours pas officiellement candidate - a fixé leur feuille de route à plus de 250 représentants de ces comités, venus de toute la France et même de New York.
REUTERS - Daniel Joubert
Ségolène Royal entend fonder sa campagne pour l'investiture
présidentielle socialiste sur les comités locaux ''Désirs d'avenir'',
un ''laboratoire d'idées'' selon ses partisans qui se défendent
de vouloir constituer un courant au sein du PS, comme le disent
certains rivaux.
"J'ai besoin de la mobilisation de tous (...) Il faut que la campagne se prépare dans les débats participatifs", qui doivent être organisés sur tout le territoire, leur a-t-elle expliqué au terme d'une "réunion de travail et de mobilisation".
Depuis l'hiver dernier et le lancement du site internet "Désirs d'avenir", l'entourage de Ségolène Royal a recensé 485 comités, nés de contacts pris entre internautes qui se sont rencontrés sur le site.
Le nombre exact de ces partisans reste difficile à établir mais pas question de parler de "comités de soutien", terme réservé aux candidats en bonne et due forme.
Ces comités locaux sont une "génération spontanée", une "structure informelle" où les citoyens peuvent "reprendre en mains la politique", s'enthousiasme Christophe Chantepy, qui dirige l'association "Désirs d'avenir".
"Désirs d'avenir n'est ni un parti politique, ni un courant au sein du Parti socialiste. Nous sommes un laboratoire d'idées", plaide l'ancien directeur de cabinet de Ségolène Royal lorsqu'elle était ministre déléguée à l'Enseignement scolaire.
PARTICIPATIVE CONTRE REPRÉSENTATIVE
"Vous constituez un lieu où il n'y a pas d'enjeu de pouvoir", s'est félicitée Ségolène Royal à Bondy, demandant à ses partisans de "trouver leur place" dans le débat politique "en harmonie avec les fédérations" du Parti socialiste.
Selon les chiffres de "Désirs d'avenir", près de 80% des membres des comités locaux sont également militants du PS.
La "démocratie participative" comme méthode de campagne suscite le scepticisme d'une partie de l'appareil du PS, où l'on ne jure que par la "démocratie représentative".
Dans chacune de ses interventions, Lionel Jospin explique ainsi que "le rapport à la démocratie" est l'une des "choses essentielles" en cause dans la campagne interne.
Dans le camp des autres présidentiables, l'appel de Ségolène Royal surprend.
"Elle cherche à accréditer la thèse qu'il n'y a rien entre elle et le peuple. Elle s'affranchit de tous les corps intermédiaires", dit un proche de Laurent Fabius.
A ses yeux, elle contourne, "au mieux", le débat interne au Parti socialiste. "Au pire, elle le discrédite".
Après le "grand oral" de Lens, samedi dernier, les autres présidentiables socialistes militent pour l'organisation de huit débats régionaux pendant la campagne interne, qui doit débuter officiellement le 3 octobre.
Mardi à Bondy, Ségolène Royal a dit son intention de "faire changer le pouvoir, en le rendant aux citoyens mais sans démagogie".
La "démocratie participative", traduit Christophe Chantepy, permet aux citoyens de "reprendre en mains la politique" mais n'est en aucun cas le symbole de l'abdication du pouvoir politique à la démocratie d'opinion.
Challenges.fr | 20.09.2006 | 19:45
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