Il s'agit de protéger les salariés et non les emplois. Ce qui revient à faciliter le licenciement mais aussi à proposer une indemnisation chômage beaucoup plus confortable, notamment pour les bas et m

Publié le par François Alex

François Fillon : «La flexisécurité, une question de vie ou de mort pour la société française»

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20 Minutes | édition du 14.04.06


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François Fillon, ancien ministre UMP, conseiller politique de Nicolas Sarkozy.

Malgré la crise du CPE, les Français sont-ils prêts à accepter plus de flexibilité sur le marché du travail ?

Les Français y sont prêts, à condition qu'ils ressentent cette réforme comme juste. En échange d'une plus grande flexibilité, il faut offrir une plus grande sécurité aux salariés. C'est ce qu'on appelle la « flexisécurité », pratiquée avec succès ailleurs en Europe. Il s'agit de protéger les salariés et non les emplois. Ce qui revient à faciliter le licenciement mais aussi à proposer une indemnisation chômage beaucoup plus confortable, notamment pour les bas et moyens salaires. Une autre contrepartie consiste à assurer un meilleur suivi des chômeurs avec des possibilités de formation, afin de leur assurer un reclassement rapide.

Ce volet « sécurité » coûterait très cher...

Ces dépenses seraient supportables si on rationalise le système. Par exemple, un chômeur qui refuse à plusieurs reprises un emploi ne doit plus bénéficier du même niveau d'indemnisation. Bien sûr, on ne proposerait pas à un manutentionnaire de devenir notaire et réciproquement. Il faut des règles. Il faut aussi plafonner l'indemnisation des hauts salaires.

Peut-on envisager une indemnisation non dégressive des chômeurs pendant trois ou quatre ans ?

Pourquoi pas ? De toute façon, ce serait purement théorique. Dans les pays nordiques qui ont adopté ce système, les chômeurs retrouvent du travail en moyenne en six mois, alors qu'en France, la moyenne est de deux ans. La clé, c'est que l'on n'ait plus peur de perdre son emploi parce que l'on peut rebondir. Cette mobilité déverrouille le marché de l'emploi.

Avez-vous étudié le financement en détail ?

Bien sûr. Si on se basait sur les chiffres et les comportements actuels, il ne serait effectivement pas possible pour l'Etat de payer. Mais si on travaille sur des hypothèses où le nombre de chômeurs et le délai passé au chômage étaient réduits grâce à un système efficace de reclassement, cela est possible sur le plan financier.

Avec un énorme risque financier pour l'Etat si l'emploi ne se débloque pas...

Oui. Mais nous prendrions ce risque, car c'est une question de vie ou de mort pour la société française. Les entreprises subissent des à-coups considérables de commandes et ont besoin d'ajuster leurs effectifs en permanence. Sinon, elles disparaissent ou délocalisent.

Vous préconisez aussi un contrat de travail unique...

Il s'agit d'un CDI avec des droits sociaux proportionnels à l'ancienneté. Plus le contrat dure, plus il offre au salarié des droits à l'indemnisation importants et plus les conditions de licenciement sont encadrées. Ces modalités doivent être discutées avec les partenaires sociaux.

Deux ans de période d'essai, cela vous paraît juste ?

C'est beaucoup trop long. Nous devons permettre à l'entreprise d'ajuster ses effectifs, pas donner les moyens aux chefs d'entreprise de corriger leurs mauvais recrutements.

Ce contrat unique n'ouvrirait-il pas la porte aux actions en justice des salariés ?

Une grande loi sur l'emploi telle que je la conçois, et qui introduirait ces notions de sécurité et de flexibilité, devrait aussi mieux encadrer la justice prud'homale. Aujourd'hui, ce sont les prud'hommes qui fixent souvent, faute de précisions législatives, la jurisprudence en matière de licenciement. Il faut revoir cela. Il n'est pas normal que la France ait un tel taux de contentieux.

Après la démonstration de force des syndicats, estimez-vous que le problème de leur représentativité se pose toujours ?

Absolument. Je milite pour que les syndicats soient plus représentatifs et dotés de plus de responsabilités. Une meilleure représentativité passe par la fin du monopole des cinq confédérations et la fin des accords minoritaires. Et par des élections régulières à l'intérieur de chaque entreprise.

Quelles responsabilités doit-on accorder aux syndicats ?

Il faut transférer aux partenaires sociaux une grande partie de ce qui relève aujourd'hui de l'Etat et de la loi dans le domaine du travail. Prenons l'exemple des lois Aubry sur le temps de travail. On aurait dû fixer un cadre et laisser aux acteurs de terrain et aux partenaires sociaux le soin de négocier les aménagements.

Recueilli par Stéphane Colineau


©2006 20 minutes





 

  Bravo à Lukas, je suis tout à fait d'accord avec lui, les français et la jeunesse ont l'esprit pourri par la lutte des classes, Marx et Germinal (des idéologies d'un autre âge). La France est un pays de has been, qui ne veux surtout pas changer sous prétexte qu'avant c'était bien, mais il faut voir la réalité en face, on est plus avant, on est maintenant!!! J'ai 23 ans et j'ai très peur pour mon avenir dans ce pays qui possède une idéologie aussi réac, et comme le préconise Lukas j'ai déjà réservé mon billet d'avion pour les USA, là bas au moins on peut bosser même si c'est pas tout rose. Bravo aussi à Monsieur Fillon qui dit tout haut ce que tous les Hommes politiques pensent tout bas!  
  Fx - 16.04.2006 - 18h55   Alerter !  

  Nan mais, il débarque d’où ? A sortir des énormités comme ça, il fait honte aux hommes politiques ! Il ne sait pas que la France n’est pas un pays nordique et qu’elle n’a que très peu de points communs avec eux ? M. Fillon devrait se réveiller ! Ce n’est pas une énième déclaration sur une éventuelle et hypothétique perspective de moyen pour commencer à répondre au problème de l’emploi en France qui rassurera les citoyens !  
  keklling - 16.04.2006 - 17h53   Alerter !  

  Si les Français refusent ces réformes et continuent à croire en la lutte des classes, la France deviendra rapidement un pays d'émigration vers les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Chine, l'Inde (j'y suis déjà!) ou le Chili. J'encourage tous les mécontents ou les râleurs à aller voir ailleurs...à condition qu'ils se mettent à l'anglais, au chinois ou l'espagnol!  
  Lukas - 16.04.2006 - 12h15   Alerter !  

  Les français sont prêts !!! .... M. FILLON n'a pas dû en consulter beaucoup pour tenir de tels propos. Je le propose de s'adresser à cette grande catégorie de salariés qui perçoivent 1200 euros par mois ou à peine plus et qui ont beaucoup de mal à s'en sortir à cause des augmentions incessantes du gaz, de l'électricité, de l'essence, des loyers, des impôts locaux et diverses taxes sans compter ce qu'on est obligé de mettre dans le chariot des courses chaque semaine. M. FILLON, les français s'appauvrissent de plus en plus et ils vous le font savoir lors des échéances électorales. Vous ne semblez pas nous entendre, poutant nous vous le disont assez fort et encore dernièrement. Nous sommes prêts à encore faire un effort en 2007 M. FILLON.  
  zourit974 - 16.04.2006 - 09h54   Alerter !  

  Tiens! Tiens. On les chasse par la porte ils retournent pas la fenêtre. Tous les recallés aus postes ministériels, se retrouvent bizarement au poste de conseiller politique de Sarko. Bien sûr l'espoir fait vivre et en attendant pourquoi pas arrondir les fins de mois. N'est-ce pas M. Fillon. Puisque vous êtes les conseillers de M. le ministre de l'intérieur voulez-vous lui poser la question de savoir pourquoi les immigrés doivent payer un timbre de 15 € lorsqu'ils demandent un certificat d'hébergement pour un membre de leur famille. Ne trouvez-vous pas cette mesure discriminatoire. Moi je la ressent comme une insulte. Pas vous?  
  Ache Kayenne - 15.04.2006 - 22h10
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Publié dans FLEXICURITE

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