Jean-Robert Pitte, président de l'Université Paris IV, a été interviewé par Débat 2007.fr le 7 juillet 2006
Voilà une interview décapante du Président de l'Université de Paris IV, auteur d'un livre récent intitulé : "Jeunes, on vous ment" (Fayard, 2006) sorti juste après la crise du CPE, dans lequel il propose des solutions pour sortir l'Université de la crise profonde qu'elle traverse. Tout d'abord, selon lui, il faut sortir les jeunes - et leurs parents - de l'illusion selon laquelle il suffirait d'avoir séjourné à l'Université, quelle que soit la discipline étudiée, pour trouver un emploi. 3/4 des jeunes échouent dans ce système et ressortent sans diplôme ou avec un diplôme d'un niveau insuffisant pour leur permettre de trouver un emploi.
Pour remédier à cela, Jean-Robert Pitte propose de sélectionner, mais surtout de mieux orienter les étudiants vers des filières qui correspondent à leurs aptitudes mais aussi et surtout aux besoins du marché.
Par exemple, de nombreux étudiants sont attirés par les études de psychologie dont les débouchés sont quasi nuls ; en revanche les filières professionnelles attirent peu ces étudiants alors qu'elles offrent de bien meilleurs débouchés.
Il faut introduire dans les études, et celà à partir de la maternelle de l'exigence. Cette exigence doit naturellement être accompagnée des mesures sociales adéquates (bourses, prêts d'honneur,...) de façon à ce que les élèves les plus méritants ne renoncent pas à leurs études pour des raisons matérielles.
Jean-Robert Pitte chiffre le coût de "remise à flot" de l'Université à 70 Milliards d'Euros. La question est : qui va mettre la main au portefeuille ? L'Etat seul n'en a pas les moyens. Il propose de mettre à contribution les entreprises qui sont les premières à souffrir de la mauvaise qualité - et surtout de la mauvaise adéquation à leurs besoins - de l'enseignement universitaire car elles ne trouvent pas la main d'oeuvre qualifiée dont elles ont besoin. Il propose également de mettre à contribution les usagers eux-mêmes - avec les mesures de pondération sociale adéquates - ; une contribution annuelle de l'ordre de 1000 € par étudiant serait selon lui un fantastique ballon d'oxygène pour l'Université.
D'après Jean-Robert Pitte, seul le PS peut annoncer un tel plan de réformes de l'Université. Jamais la droite ne pourrait se permettre d'annoncer un tel plan sans une énorme levée de boucliers... et si elle ne l'annonce pas mais que, une fois revenue au pouvoir, elle le mettait en application, il y aurait selon lui 3 millions de personnes dans les rues.
Jean-Robert Pitte a déjà entrepris de convaincre l'UNEF.... comme il le dit lui-même avec humour, il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre !...
Cette interview m'a rappelé l'intervention de Ségolène Royal à Bondy le 31 mai dernier car Jean-Robert Pitte souhaite appliquer à l'enseignement supérieur une méthode analogue à celle préconisée par Ségolène Royal pour l'enseignement secondaire : plus de fermeté, un meilleur "accompagnement" (et non pas un "embrigadement" !) de la jeunesse vers des voies plus utiles à la société, une plus grande implication du monde de l'entreprise dans la formation universitaire (qui rappelle la tentative avortée d'Edith Cresson d'imiter la "Dual Ausbildung" allemande...).
Ce thème de l'enseignement, qu'il soit primaire, secondaire ou supérieur est particulièrement "ségonordicien" : les systèmes scolaires et universitaires des pays du Nord font figure d'exemple...
J'en profite pour rappeler que l'une de nos membres, Claire, est coordinatrice du Programme Erasmus au sein d'une grande Université parisienne ; son objectif pour la rentrée 2006 2007 est précisément de convaincre un plus grand nombre d'étudiants français d'aller séjourner en Europe du Nord dans le cadre d'échanges universitaires...

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Jean-Robert Pitte, président de l'Université Paris IV, a été interviewé par Débat 2007.fr le 7 juillet 2006.
Il a répondu à 3 questions sur le thème de la réforme de l'enseignement supérieur :
- Quels sont pour vous les trois axes prioritaires d'une réforme de l'enseignement supérieur ?
- Comment financer le relèvement du budget de l'enseignement supérieur ?
- Comment conduire la réforme dans le consensus ?
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http://www.vpod.tv/getContent.php/mov/82A32184-0FE8-11DB-A349-EE4AA8BA937B
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