passe, dans le film, un gros éléphant du PS à qui Hollande XVI donne à manger
un petit clin d'oeil cinématographique avec des comparaisons historiques pour le moins osées...
Marie-Antoinette baille,
le spectateur somnole ![]()
NOUVELOBS.COM | 24.05.06 | 17:08

par Jérome Garcin,
directeur adjoint
du Nouvel Observateur
Avec des moyens dignes de l'Ancien Régime, Sofia Coppola montre combien Marie-Antoinette s'ennuie à Versailles. Nous aussi. En ce sens, le film est réussi. Il dispense ce qu'il énonce. Il fabrique ce qu'il dénonce. Pendant deux heures, la reine bâille et le spectateur somnole. Louis XVI est incarné par Jason Schwartzman. Il est gentil comme tout. C'est fou ce qu'il ressemble à François Hollande. Il a une tête d'horloger corrézien qui a perdu sa montre, de Bourbon socialo gourmand et myope. La jeune cinéaste américaine lui a demandé d'être fidèle à l'idée qu'elle se fait d'un jeune homme" pas assez fort, beau, brillant pour être roi». En effet.
Marie-Antoinette, c'est Kirsten Dunst. Une beauté froide. Une viennoiserie blanche d'avant cuisson. Elle souffre du protocole, des corsets et des lazzis des courtisans. L'Autrichienne veut bien être reine de France, mais pas se réveiller chaque matin devant une cour médisante et sacrifier aux devoirs de représentation qu'on lui inflige. Dur d'être une femme au château.
On pense évidemment à Ségolène Royal, princesse de Poitou-Charentes promise à régner au palais de l'Elysée et couronnée" first truly présidentiable woman par le New York Times. Comme Ségolène, Marie-Antoinette est une mère de famille élégante. Elle lit Jean-Jacques Rousseau dans l'herbe. Elle aime les levers de soleil au-dessus de l'eau. Elle froufroute dans une ferme. Elle crée un chèvroscope. Elle préfère Bow Wow Wow à Jean-Philippe Rameau. Elle aspire à rendre la vie au sommet de l'Etat plus humaine, moins empesée. Mais elle doit sans cesse affronter l'hostilité des hommes (passe, dans le film, un gros éléphant du PS à qui Hollande XVI donne à manger.) On sort de cette réhabilitation hollywoodienne de Marie-Antoinette avec la certitude que la Royal n'est pas au bout de ses peines. On espère seulement que l'héroïne de "Désirs d'avenir" aura une fin plus douce, et pour biographe une cinéaste plus inspirée que Sofia Coppola.
Jérome Garcin
(mercredi 24 mai 2006)