ELYSEE 2007 Le guide de la Présidentielle
Excellent petit vade mecum pour savoir qui sont les candidats
pour chaque candidat(e), une courte biographie, puis une série de questions - toujours les mêmes - sur le rôle du Présidennt, les problèmes à résoudre, le clivage droite-gauche, ... et- last but not least - si la personne interviewée est candidate !
Quelques absents de marque : Sarkozy (quel dommage !), Villepin, Jospin...
Réponses de Ségolène aux questions....
1. "principe de la "boussole" : être clair sur des "principes", des valeurs fondamentales qui orientent l'action"...
mon commentaire : cette démarche s'oppose à la démarche "technocratique" qui propose - ou fait semblant - de proposer des solutions...
l'énoncé de principes est clair et compréhensible par l'ensemble des Françaises et des Français alors que les "prétendues" solutions sont complexes et confuses...
ce qui fonde un être humain, ce sont ses valeurs, et non pas les solutions techniques qu'il ou elle propose... il convient d'être intransigeant(e) sur ces valeurs (humanisme, refus de la pauvreté, respect de la personne, écoute,...) mais on peut être ouvert(e), flexible, - et pourquoi pas iconoclaste - quant au catalogue de solutions techniques à apporter... un homme ou une femme politique peut se tromper, faire des erreurs d'analyse ou d'appréciation, mais il ou elle n'a pas le droit de trahir ses valeurs...
2. "respect de l'équilibre des pouvoirs"...... "veiller à ce que le Parlement joue pleinement son rôle"....
mon commentaire : voilà un point-clé ! la 5e République se caractérise par un rôle trop important du Président... surtout par comparaison avec nos voisins allemands, britanniques ou scandinaves...
alors que Nicolas Sarkozy promet de renforcer le rôle du Président au détriment du Premier Ministre, Ségolène semble vouloir "lâcher du lest" vers le Parlement
3. "SANS ARROGANCE".... my comment : voilà sans doute le trait le plus caractéristique de sa démarche... quand on demande à un étranger ce qu'il pense des Français, l'adjectif qui revient le plus souvent est "arrogant"...
il y a l'arrogance de droite héritière directe de Louis XIV, Napoléon, de Gaulle qui veut une France dominant le monde militairement, technologiquement, économiquement...
il y a l'arrogance de gauche "idéologique" qui affirme que la France a inventé les droits de l'homme, l'égalité, etc... et va inonder le Monde de ses lumières bienfaisantes...
alors que l'arrogance de droite est bien forcée de se confronter à la réalité (un businessman français trop arrogant risque de ne pas faire beaucoup d'affaires dans le Monde) et, de ce fait, forcée de s'amender, l'arrogance cocardière de gauche est beaucoup plus coriace car elle s'abrite derrière de grands concepts abstraits (les Valeurs de la République, la Laïcité - concept intraduisible donc inexplicable dans la plupart des langues -, etc...) ;
la démarche non arrogante est donc une caractéristique de Ségolène : s'inspirer de la démarche "participative" de Michelle Bachelet au Chili, louer Tony Blair dans le Financial Times et, last but not least, déclarer son intention d'importer des pratiques "nordiques" en France...
pour mémoire : la Suède, que nous admirons tant n'est pas une République, mais une Monarchie, et il y a une aristocratie, par-dessus le marché (d'après Emmanuel TODD, l'"égalitarisme" suédois au niveau matériel ne se transpose pas forcémént au niveau "symbolique".. - relire "Fröken Julie" de Strindberg...) ; pour corser le tout, la Suède n'est pas "Laïque" (le concept existe-t-il seulement dans la langue suédoise ?) : 95% des Suédois sont membres de l'Eglise suédoise ; le luthéranisme est religion d'Etat, une nouvelle traduction de la Bible doit être approuvée par le Riksdag (Parlement suédois), les évêques sont nommés par le Gouvernement, etc...
4. "repartir des coopérations concrètes" :
my comment : cette démarche rompt avec l'approche colbertiste à la française, vieille de plus de trois siècles, qui consiste à partir de grands princips et de grands projets pour en déduire des pratiques concrètes (approche Top-Down) ; l'approche préconisée par Ségolène est une approche Bottom-Up, plus anglo-saxonne, qui privilégie le local et le concret au général et à l'abstrait ; en cela elle reprend la démarche de Jean Monnet, l'un des Pères fondateurs de l'Europe, qui avait déclaré en son temps que l'Europe se ferait peu à peu, à partir d'expériences concrètes réussies, et non à partir de Grands Principes...
5. "essayer ce qui marche" : là encore, à propos du "clivage droite-gauche", Ségolène privilégie le concret à l'abstrait ; si quelque chose marche à l'étranger, pourquoi ne pas l'importer en France ? Dans ce cas, peu importent les étiquettes...
6."ne pas être prisonnier des vieilles oppositions qui paralysent" : ce qui paralyse, c'est le général et l'abstrait, ce qui décoince, c'est le local et le concrret
7. "ne pas accaparer le pouvoir au service d'une faction ou d'un parti" : comme le souligne un article récent du Monde, la droite s'étant droitisée en courant derrière Le Pen et la gauche s'étant gauchisée en courant derrière Besancenot, la grande majorité de la nation française ne se reconnaît plus dans ces "clivages", ces "baronnies", ces "clientélismes" et rejette en bloc ces "appareils" d'un autre âge... les Français(e)s en ont assez d'être dressé(e)s les uns contre les autres pour faire le jeu de quelques individualités ; ils ou elles veulent enfin une personne qui leur parle un langage clair et concret
8. "mes deux beaux mandats" : Ségolène se garde bien d'élucubrer au niveau national... elle est d'ailleurs louée pour sa discrétion par les journalistes
elle se contente d'assumer pleinement ses responsabilités au niveau régional ; les résultats de ses actions concrètes mesurés en termes d'accroissement de bien être pour ses administrés joueront bien plus en sa faveur auprès du Peuple de France que de fumeuses élucubrations elaborées dans de pompeux "laboratoires d'idées" parisiens...