Sachez donc que désormais, selon le Larousse 2009, il est permis de dire et d’écrire ... flexisécurité... (Blogs du Monde, 11/07/08)
Le dictionnaire, c’est le code de la route. Fort heureusement, les Français étant ce qu’ils sont, ils vivent dans l’infraction permanente. Encore faut-il connaître la loi. Sachez donc que désormais, selon le Larousse 2009, il est permis de dire et d’écrire autonomiser, bien-pensance, carnettiste, déstresser, essoré, flexisécurité, fuiter, hype, insortable, interconfessionnel, slameur, téléassistance, touillette, unidose, victimaire, XXL et même, tenez-vous bien, blogosphère ! Et selon le Robert 2099, on peut user désormais en toute tranquillité de haka, bouclier de Brennus, acrosport, glaciériste, paintball, mercato. identifiant, audiolivre, baladodiffusion et même, le croirez-vous, de blogosphère ! Non, c’est trop ! A noter que les nouveaux mots régionaux (cébette, coursière, restanque) sont beaucoup moins nombreux que ceux de la francophonie ( promotionnaire, déjeté, sa racrapoter, compétitionner, autogoal, traclet…). Ca va encore faire des histoires. En revanche, bravitude et bling-bling ont été recalés car ils sont toujours cités en référence à certaines personnes et non de manière indépendante. Ce qui est assez piquant car ce sont deux mots parmi les plus employés par dérision dans le langage courant. A vrai dire, on n’avait pas vraiment attendu l’autorisation d’utiliser tous ces mots. Mais maintenant que c’est permis, on se demande si on ne va pas se l’interdire.Les commissions qui siègent dans nos indispensables dictionnaires sont très fort bien pourvus en linguistes, lexicographes et autres savants. Ce qui leur manque : un poète et un musicien. Juste pour lever le doigt de temps en temps et leur dire que certains mots heurtent l’ouïe de manière intolérable. La perspective de relever un jour de la catégorie victimaire devrait tous nous dégoûter d’être une victime.
(P.S. En cas de doute sur le sens de tel ou tel, écrire à la rédaction qui répondra of course.)
(Dessin de Jean-Jacques Sempé extrait de Par avion. Le voyage de Jean-Paul Martineau à New York, album introuvable qui vient d’être réédité chez Denoël)
11 juillet 2008
Ce que l’on peut dire
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