Ségolène Le Pen: après l'angélisme, la Mère Fouettarde (Tribune de Genève, 18/07/08)
Ségolène Royal démontre de plus en plus clairement une stratégie et un discours inspirés de Jean-Marie Le Pen. Récemment encore, à propos de la visite du président syrien, qu'elle juge insupportable pour nos armées et pour tous les français. Puis sur le fait qu'elle dirait une vérité qui dérange.
Stratégie d'unique opposante
Comme Le Pen, elle se place en seule opposante au gouvernement et au président Sarkozy, en utilisant des tournures de langage assez extrêmes et absolues.
Aucune nuance, aucune analyse.
Il faut paraître la seule à s'opposer, comme Le Pen le faisait. Invoquer les valeurs militaires et un supposé dégoût de tous les français pour cette politique.
A-t-elle déjà oublié ses propos concernant le Hezbollah, qui a toujours joué à soumettre le Liban à ses volonté, y compris par les armes?
Diabolisation
Il faut donc diaboliser le régime en diabolisant un dirigeant qui, après diverses exactions sanglantes – il faut en convenir – est aujourd'hui prêt à faire des pas en vue d'une reconnaissance de l'autonomie du Liban.
Les lignes bougent, Ségolène ne bouge pas.
Elle-même endosse le rôle de diable en décriant systématiquement tout ce qui s'est fait de bien en France ces derniers temps: la venue de Betancourt, l'Union pour la Méditerranée, le supposé clan Sarkozy (ex-clan Mitterrand), entre autres. La mère fouettarde de l'hexagone étant de plus en plus excessive, il fallait bien une image iconoclaste pour l'épingler.
Victimisation angélique
Jouer la victime, la persécution, la paranoïa, a toujours été dans la stratégie de Le Pen. Cela fait penser au héros mythique, seul contre tous les méchants, le héros qu'on aime quoi. Ségo cavalier solitaire. Bientôt seule même contre son parti? Espérons-le, sans quoi le PS deviendrait un nouveau Front National, de gauche cette fois. Et bien sûr elle joue toujours à Madame propre, Madame pure et sans casseroles, comme Le Pen l'a toujours fait. Elle oublie sa circulaire de 1997 aux directeurs d'établissement scolaires, demandant de dénoncer même les rumeurs de pédophilie à la justice. Le résultat a été des centaines d'enseignants brisés à vie pour rien, avec au moins un suicide.
Madame Royal a du sang sur les mains.
Regardez-moi, j'existe
Bon, d'accord, je ne suis pas très sympa avec Ségolène. La présenter en diablotin de Lake Parade et avec une moustache évocatrice n'est certes pas en soi un argument politique. Mais attendu que le comportement de Ségo prend le dessus sur ses propres arguments, il est amusant de répondre au même niveau. Ségolène Le Pen n'offre donc aucune analyse, mais uniquement une posture centrée sur elle-même. Sa principale argumentation est de jouer la victime.
Pour occuper le terrain, un terrain qui semble tellement lui échapper.
Ségolène Le Pen: après l'angélisme, la mère fouettarde
La Tribune de Genève, 18/07/08