Avec Bernard Kouchner à ses côtés, Michel Rocard jubilait : « La surprise ! Le bonheur ! On se bat pour une candidate socialiste et c'est dans une réunion de patrons. » (Le Monde, 28/04/2007)

Publié le par François Alex

LeMonde.fr

 

 
Article paru dans l'édition du 28.04.07
 
MM. Rocard et Kouchner ont participé à une réunion sur l'entreprise et le pacte présidentiel de Mme Royal. Un appel d'entrepreneurs et d'économistes va être publié
 
 
Avec Bernard Kouchner à ses côtés, Michel Rocard jubilait : « La surprise ! Le bonheur ! On se bat pour une candidate socialiste et c'est dans une réunion de patrons. » Après son appel en faveur d'un rapprochement avec François Bayrou juste avant le premier tour de l'élection présidentielle, l'ancien premier ministre de François Mitterrand ne cachait pas son plaisir de participer, cette fois, à une tentative de réconciliation de la gauche et de l'entreprise. L'endroit avait été symboliquement choisi à l'Echangeur, un des lieux de l'innovation dans les start-up et les jeunes pousses de la haute technologie implantées dans le quartier du Sentier à Paris. 

A l'initiative de cette soirée organisée avec un peu plus de 200 personnes, jeudi 26 avril, les « Amis de Ségolène Royal » l'association présidée par Pierre Bergé, de la fondation Yves Saint Laurent, et un certain nombre d'économistes et de chercheurs. Ils affirment que « la France est capable d'adapter son modèle économique et social (...) pour devenir plus performante sans faire porter sur les salariés les moins qualifiés le poids de cet ajustement ».

Dans un appel qui devrait être publié avec la signature de plusieurs centaines de dirigeants, de salariés du public et du privé, ils proclament leur volonté de « mettre en oeuvre une mondialisation socialement équitable et profitable et faire de l'Europe l'instrument d'un monde juste, pacifique et écologiquement durable (...). Nous avons enfin la possibilité de moderniser en profondeur la démocratie, d'inventer une social-démocratie à la française. »

« RÉVOLUTION SOURIANTE »

Lorsqu'ils osent avouer leurs convictions, les patrons classés à gauche considèrent d'abord que « c'est dans une entreprise pacifiée que l'on peut le mieux travailler » et que « la création ne peut se développer que dans un paysage socialement apaisé ». Coprésident des Galeries Lafayette et président de Laser, Philippe Lemoine croit à « la révolution souriante » de Mme Royal pour affronter la modernisation du pays en évitant les troubles sociaux. Pour Robert Lion, ancien président de la Caisse des dépôts et consignations, en effet, il y a urgence depuis que le fossé s'est, de nouveau, « creusé entre les Français et l'entreprise ».

Mais c'est dans la galaxie des start-up, des PME du secteur des hautes technologies ou des télécommunications que la candidate socialiste trouve ses plus fervents soutiens. « Dans une entreprise, on ne peut pas créer de la valeur si on ne s'appuie pas sur des valeurs », affirme Stéphane Distinguin, président de Silicone Sentier et de Faber Novel. Patron du groupe et de la radio Generation FM, Bruno Lafforestrie croit aux « valeurs humanistes de la gauche », mais compte sur la nouvelle génération de « barbares », dans les PME comme dans les quartiers populaires, capables de « dynamiser le système ».

Dirigeant de Fon France, une société de logiciels, Jean-Bernard Magescas ne veut pas, lui, « de l'air vicié d'un gouvernement par le conflit qui va dresser les Français les uns contre les autres. » Fabienne Servan-Schreiber, présidente de Cinétévé, estime que les mesures de Mme Royal sont les mieux à même de favoriser l'essor des technologies de pointe. Par-dessus tout, elle affirme que « le temps des femmes est arrivé ». Parmi ses fidèles soutiens, la candidate socialiste peut aussi compter sur Azziz Ridouan, 18 ans, président de l'association Audionautes, qui tient tête au gouvernement dans ses projets sur l'économie numérique. « Ségolène Royal a investi dans les nouvelles technologies avec les débats participatifs sur Internet. » Et pour lui, c'est bien le signe d'une autre façon de conduire la politique.

Michel Delberghe
 

Publié dans BIG BANG

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