La candidate utilise "sa liberté, sa manière de voir" avant de proposer son programme présidentiel au terme d'une "phase d'écoute" qui doit durer jusqu'à la mi-février (12/01/07)

Publié le par François Alex

Reuters

Ségolène Royal se démarque de Hollande dans le débat fiscal

PARIS (Reuters) - Ségolène Royal s'est démarquée de la proposition de François Hollande d'augmenter les impôts des Français gagnant plus de 4.000 euros nets mensuels, promettant de ne pas créer de "fiscalité nouvelle" qui découragerait "le travail ou l'effort".

Lors de ses voeux à la presse régionale, la candidate socialiste à la présidentielle n'a pas commenté directement les déclarations du premier secrétaire du PS, son compagnon à la ville, précisant qu'elle s'exprimerait sur les questions fiscales "le moment venu".

La droite s'est en revanche engouffrée dans la brèche, dénonçant le retour d'une "gauche très très archaïque" et brocardant le "double langage" des socialistes, candidate d'un côté, Parti de l'autre.

Une semaine après le voyage de Ségolène Royal en Chine où elle a forgé le néologisme "bravitude", Jean-François Copé, ministre délégué au Budget, a raillé vendredi la "duplicitude" de l'impétrante présidentielle.

Le ministre délégué au Budget conteste également les chiffres du premier secrétaire.

Selon François Hollande, la mesure préconisée concerne les 200.000 contribuables "qui sont dans les deux plus hautes tranches de l'impôt sur le revenu". "Faux", réplique Jean-François Copé, pour qui "cela concerne exactement 1,2 million foyers fiscaux".

Ni "double langage", ni "duplicité", a contre-attaqué François Rebsamen, co-directeur de campagne, interrogé sur Europe 1.

François Hollande "développe le projet socialiste" quand la candidate utilise "sa liberté, sa manière de voir" avant de proposer son programme présidentiel au terme d'une "phase d'écoute" qui doit durer jusqu'à la mi-février, a fait valoir le numéro deux du PS.

Pour Jack Lang, "conseiller spécial" de la candidate, il n'y a pas l'ombre d'une dissension entre François Hollande et Ségolène Royal et ceux qui disent le contraire inventent "une histoire à dormir debout".

A CHACUN SON RÔLE

Tous deux sont "pleinement en harmonie pour affirmer que le taux des prélèvements obligatoires n'augmentera pas sous la future législature", assure l'ancien ministre de la Culture dans un communiqué.

"Tout le monde a la légitimité de s'exprimer", a confirmé Ségolène Royal à Poitiers. "François Hollande a tout son rôle. C'est le premier secrétaire du PS. Moi, je veux rassembler les compétences au sein du PS et au-delà".

"La priorité qui est la mienne, c'est le recul du chômage", a souligné la présidente de Poitou-Charentes. "Il n'y aura pas de fiscalité nouvelle qui serait interprétée comme un élément qui décourage le travail ou l'effort", a-t-elle assuré aux journalistes.

"Il faudra rééquilibrer la fiscalité, l'alléger sur le travail et peut-être la renforcer sur le capital si l'on veut résorber les déficits. Mais cela se fera sans augmentation des prélèvements obligatoires", a insisté Ségolène Royal.

Dans son projet présidentiel intitulé "Réussir ensemble le changement", le PS explique qu'il oeuvrera à une fiscalité "plus redistributive et plus transparente" s'il revient au pouvoir après les échéances électorales du printemps.

"Nous reviendrons sur les réductions d'impôt accordées depuis 2002 aux hauts revenus, et nous supprimerons le bouclier fiscal", stipule le document adopté le 1er juillet dernier.

"Nous ne proposons pas d'augmenter les impôts, nous proposons qu'ils soient plus justes", a explicité vendredi Bruno Leroux, secrétaire national du PS et membre de l'équipe de campagne de la candidate.

Ségolène Royal a rappelé qu'elle avait chargé une équipe de trois "spécialistes" de "mettre à plat" les problèmes pour tracer les "pistes envisageables" en matière de réforme fiscale.

En plus de donner du temps au temps avant la présentation du programme de la candidate, cette formule a l'avantage de réintégrer dans la campagne son ancien adversaire pour l'investiture présidentielle, Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre de l'Economie et des Finances.

Le trio compte également un proche de Laurent Fabius, le député Didier Migaud, spécialiste des questions économiques et fiscales.

vendredi 12 janvier 2007, 19h54

Commenter cet article