Je ne suis pas sûre que l'action des pouvoirs publics et des ambassades soit en phase avec ce que les entreprises attendent", a-t-elle déclaré. (La Tribune, voyage en Chine, 09/01/2007)

Publié le par François Alex

 

Performances françaises en Chine : Dutreil répond à Royal

La réponse n'a pas tardé à fuser. Sur l'antenne d'Europe 1 ce matin, Renaud Dutreil, le ministre des PME et du commerce, s'en est pris directement à Ségolène Royal, reprochant à celle-ci de ne pas soutenir avec assez de vigueur les entreprises françaises au cours de son déplacement en Chine.

En visite dans l'Empire dans Milieu, la candidate officielle du parti socialiste a fait un bilan critique de la présence économique française, pointant ses insuffisances. "Sur le plan économique, la France n'a pas la place qu'elle devrait avoir. Je ne suis pas sûre que l'action des pouvoirs publics et des ambassades soit en phase avec ce que les entreprises attendent", a-t-elle déclaré.
 
Au sujet des déconvenues subies par la Société Générale et Areva en Chine face à des concurrents américains, Ségolène Royal a demandé aux industriels d'assumer leurs responsabilités, souhaitant qu'on ne mélange pas "la question géopolitique avec celle des marchés".
 
"C'est trop facile lorsque la France perd un marché d'avoir recours à des justifications. C'est une posture bien franco-française de juger que quand on perd un marché c'est la faute des autres et oublier sa propre évaluation", a-t-elle ajouté, regrettant le manque de coopération entre entreprises européennes et appelant à "sortir de cette logique du refus des transferts de technologie" vers la Chine.
 
Enfin, Ségolène Royal s'est prononcée pour une plus grande présence des petites et moyennes entreprises. Un point sur lequel la candidate socialiste et le gouvernement actuel se rejoignent. La Chine fait partie des cinq pays cibles du plan Cap Export mis en place par Christine Lagarde, la ministre déléguée au Commerce extérieur sensé favoriser les exportations des PME dans les pays en forte croissance.
 
Une petite leçon d'économie qui a fait bondir Renaud Dutreil. "Le devoir d'un président de la République français, d'un dirigeant politique en Europe, c'est de soutenir les entreprises", a précisé le ministre des PME et du commerce, ajoutant: "elle ne le fait pas et elle critique les entreprises françaises sur les marchés les plus compétitifs du monde, les marchés chinois".
 
Et de stigmatiser les éléments du programme économique de Ségolène Royal. "Le programme de Ségolène Royal en France, c'est de matraquer les entreprises et son discours à l'extérieur de la France c'est de leur reprocher de ne pas réussir", selon le ministre.
 
La Tribune.fr - 09/01/07 à 10:56 - 416 mots
 
Fabien Piliu

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