Le parti social-démocrate suédois peut-il apprendre quelque chose de Ségolène Royal ? (Aktuellt i Politiken, 04/12/2006)

Publié le par François Alex

Le blog Gonordisk s'interroge sur les meilleures pratiques à importer en France des pays nordiques. Alain Lefebvre vient de m'envoyer la traduction d'un article tiré de la revue du Parti social démocrate suédois qui s'interroge sur les leçons à tirer de l'expérience française.

Echange de bons procédés !

Paris, le 19/12/2006

Article de " Aktuellt i Politiken ", organe du parti social-démocrate suédois, paru le 4 décembre 2006


Pouvons-nous apprendre de la France ?

Le parti social-démocrate peut-il apprendre quelque chose de Ségolène Royal ? Le parti socialiste français a toujours été considéré comme élitiste. Dans son ensemble, la classe politique française, indépendamment de sa représentation de droite ou de gauche, a fréquenté les mêmes grandes écoles élitaires. Le parti socialiste n’a jamais été issu d’un mouvement populaire comme l’a été la social-démocratie suédoise. Maintenant, toute la culture politique française est défiée par une femme, Ségolène Royal.

Ce n’est pas seulement le fait qu’elle soit une femme qui la rend controversée. Elle a aussi opéré des changements dans les structures politiques. Royal a donné aux citoyens la possibilité d’entrer directement en contact avec elle. Le parti socialiste français a procédé à un vote sur la question de savoir qui sera son candidat aux élections présidentielles. Il en est résulté une forte participation au vote et une vague de nouvelles adhésions.

Pendant des années, nous avons discuté de renouvellement. Au cours du temps, le nombre de membres n’a cessé de diminuer.

En Suède nous voulons voir la Présidence du parti comme un porte-parole du parti. La politique se décide au congrès du parti et par les instances du parti. Ensuite, c’est la tâche de la direction du parti que de mener cette politique. Tout le monde sait que cela ne fonctionne pas ainsi. Mais nous entretenons le mythe. Partons plutôt de la réalité, l’orientation politique de la Direction du parti a une énorme signification. Donnez-nous donc, comme membres, la chance de prendre position par rapport à différents candidats. La présélection sous la direction de Lena Hjelm-Wallén a constitué un pas important dans un processus d’ouverture. Il est temps néanmoins de passer à l’étape suivante. Peut-être n’est-il pas possible aux membres du parti de choisir la Présidence. Mais on devrait pouvoir procéder à un vote consultatif. La présélection porterait sur trois candidats et les membres donneraient par un vote leur avis au congrès.

Les technologies de l’information ont changé les conditions sur la manière dont l’influence démocratique doit être organisée. Le modèle hiérarchique avec un flux d’information du haut vers le bas est en train d’éclater. Plus tôt on s’en rendra compte, mieux ce sera.

Lena Josefsson

1- Lena Hjelm-Wallén, Ministre des Affaires Etrangères et Vice-premier Ministre dans les années 1990, est la Présidente du comité d’organisation pour l’élection du (ou de la) successeur de Göran Persson à la tête du parti social-démocrate. (NDT)

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Roland DELLINGER 21/12/2006 12:00

Non seulement Ségolène Royal nous apporte du sang neuf dans notre façon de faire de la politique en France, mais encore elle fait réfléchir dans les autres pays! ( Cet article le prouve.Merci de le faire connaître )Le "phénomène Ségolène Royal " est une vraie chance pour la France et risque de le devenir pour l'Europe, dans la mesure où il va faire regresser le système capitaliste et ses dérives et faire progresser une société plus sociale et égalitaire.Ségolène Royal nous redonne l'espoir d'un monde un peu meilleur !

François Alex 21/12/2006 13:50

Bonjour Rolland,
Merci de ton commentaire ; bonnes fêtes et au mois de janvier pour une année militante.
Cordialement.
François Alexfrancoisalex@gonordisk.net