A cette époque, Mme Royal s’était bien gardée de faire mention du dalaï-lama et de la question tibétaine, préférant plutôt vanter la qualité de la justice chinoise (Le Parisien, 17/08/08)

Publié le par François Alex

LA POLITIQUE continue à s’inviter en marge de la visite du dalaï-lama. A Nantes, où il donne des enseignements au Zénith, il a reçu Ségolène Royal tôt hier matin à l’abbaye de Villeneuve, aux Sorinières. « Je suis venue vous dire ma tristesse pour tout ce qui se passe au Tibet, pour votre peuple », lui a déclaré l’ancienne candidate PS à l’élection présidentielle. Tristesse, compassion et envie d’agir pour le Tibet auront été les seuls messages de cette entrevue. Pas de polémique sur l’absence de rencontre entre le dalaï-lama et Nicolas Sarkozy. Le nom du président de la République et toute référence à la politique intérieure française ont été soigneusement gommés. L’entourage de Royal comme celui du dalaï-lama ont insisté sur le fait que cet entretien de près de trois quarts d’heure, dont l’essentiel s’est déroulé à huis clos, était planifié depuis des mois, depuis le voyage de Ségolène Royal à Pondichéry, en Inde, en avril dernier. Royal, qui avait déjà rencontré le chef spirituel bouddhiste, était visiblement émue de cette nouvelle entrevue. « Je suis très touchée, lui a-t-elle dit avant de s’asseoir, vous êtes un exemple pour le monde entier. »

« Je vais demander un visa »

A l’issue de la rencontre, la présidente de la région Poitou-Charentes a expliqué qu’elle souhaitait s’impliquer davantage dans la cause tibétaine en se rendant sur place. « Dès la semaine prochaine, je vais demander un visa aux autorités chinoises », a-t-elle assuré. Ségolène Royal appelle le monde à se mobiliser. « J’ai rencontré un homme d’une dimension éthique et spirituelle considérable et en même temps un homme qui souffre avec son peuple qui subit une répression féroce, lance-t-elle. Les pays démocratiques doivent bouger pour trouver une solution pacifique au drame qui frappe le Tibet. »

De son côté, le dalaï-lama a sobrement remercié la dirigeante socialiste. « Merci beaucoup d’être venue me rencontrer, j’apprécie vivement l’expression de votre solidarité », lui a-t-il dit, ajoutant : « La cause du Tibet est une cause pour la vérité et la justice. »

Un message d’universalité repris quelques secondes plus tard par Royal : « Le Tibet ne concerne pas seulement les Tibétains, mais l’humanité tout entière. Chaque fois qu’un homme souffre, que les libertés reculent, nous sommes tous concernés. » A Paris, Dominique Paillé, porte-parole de l’UMP, a ironisé sur la « découverte » du dalaï-lama par l’ex-candidate PS, l’accusant d’avoir « superbement ignoré » le Tibet et son chef spirituel lors de son voyage en Chine en janvier 2007 : « A cette époque, Mm e Royal s’était bien gardée de faire mention du dalaï-lama et de la question tibétaine, préférant plutôt vanter la qualité de la justice chinoise. »

Bernard Kouchner ne « pourra pas » rencontrer le dalaï-lama le 20 août, à cause de la « crise géorgienne », indique-t-il dans le « Journal du dimanche ». Le ministre des Affaires étrangères ne renonce pourtant pas à son projet.

Ségolène Royal veut se rendre au Tibet

L’ex-candidate PS à la présidentielle a été reçue par le dalaï-lama hier à Nantes. Se gardant de polémiquer sur l’absence de rencontre entre le chef spirituel bouddhiste
et Nicolas Sarkozy, elle a dit qu’elle irait au Tibet.

Pierre-Baptiste Vanzini | 17.08.2008, 07h00

Le Parisien

Commenter cet article