Mis à part Ségolène Royal, qui marque néanmoins des signes de faiblesse, aucun autre présidentiable n'est en situation de lui faire concurrence (Figaro, 12/08/08)

Publié le par François Alex

Revenir de Bizerte. Là-bas, en Tunisie où il a passé son enfance, Bertrand Delanoë retrouve ses ressources. Alors, lorsqu'il est en France, le maire de Paris y songe souvent. C'est là-bas, dit-il, que sa raison a basculé à gauche, à l'époque de la décolonisation. «Lorsque je me rase le matin, je pense à Bizerte», répond-il aux journalistes qui l'interrogeaient, l'année dernière, sur ses ambitions politiques. Bertrand Delanoë aime sa singularité. «Je suis libre par rapport aux apparences du pouvoir», se plaît-il à dire pour souligner une «différence» avec d'autres responsables politiques.

Comme chaque année, il passe donc ses vacances à Bizerte. Mais quand il est là-bas, il pense quand même à la France et à la politique. «L'année dernière, j'ai réfléchi, durant l'été, à ma candidature à la mairie de Paris, confiait-il, en juin. Je savais que c'était la dernière occasion pour moi de retrouver une activité professionnelle.» À mi-chemin dans sa réflexion, il téléphone à son plus proche conseiller, Laurent Fary. Pendant une demi-heure, le maire de Paris lui explique comment il pourrait ne pas être candidat, mais s'investir néanmoins dans l'équipe, derrière Anne Hidalgo. «Laurent a éclaté de rire», raconte Bertrand Delanoë, pas dupe de ses propres faux-semblants.

«Je ne cesserai jamais d'aimer Bizerte. Mais, dans ma vie, il y a aussi l'envie de servir…», a-t-il dit dans Le Point, le mois dernier. Le téléphone n'est jamais très loin, même durant les vacances.

Cet été, le même genre d'hésitation le saisira peut-être. Défendre sa candidature au sein du PS ou s'inscrire dans un rassemblement plus large, comme le lui proposent les partisans de François Hollande ou ceux du camp Aubry-Moscovici ? Déposer une motion dont il serait le premier signataire ou signer derrière un autre, pour ne pas prendre le risque d'être battu lors du vote des militants ? En clair, viser le poste de premier secrétaire ou pas.

Bertrand Delanoë défend la nécessité d'un leadership fort. «Un premier secrétaire qui ne serait pas le produit d'une orientation politique, c'est une promesse d'échec», prévient-il. Réputé pour son autorité - et son caractère difficile parfois -, le maire de Paris se verrait bien en manager de la gauche.

Candidat si «c'est utile»

Autour de lui, que ce soit Daniel Vaillant, l'un de ses compagnons de jospinisme, ou Harlem Désir, qui coordonne ses partisans, on dit ne pas hésiter : il faut aller au bout de la démarche.

Pour se rassurer sur ses chances de succès, le plus populaire des socialistes n'a qu'à se pencher sur les enquêtes d'opinion. Les sondages récents montrent que les sympathisants PS le préféreraient à Ségolène Royal ou à Martine Aubry comme numéro un du parti.

Peu importe la crise du PS : le maire de Paris n'aura peut-être pas d'autre occasion plus favorable pour réaliser ses ambitions. Mis à part Ségolène Royal, qui marque néanmoins des signes de faiblesse, aucun autre présidentiable n'est en situation de lui faire concurrence : François Hollande abandonne son poste de premier secrétaire, Dominique Strauss-Kahn est accaparé au FMI, Lionel Jospin ne brigue plus de responsabilités, Laurent Fabius opère un retour au centre du parti, mais un retour lent… Bertrand Delanoë est presque seul en piste.

Cette force, espère-t-il, amènera certains de ses concurrents à se rallier à sa bannière. Il faut défendre «une offre politique», disent ses partisans en dénonçant les combinaisons des rivaux. Mais, pour l'instant, le maire n'a prononcé aucune phrase définitive. S'il est prêt à «s'engager», il le souhaite seulement si «c'est utile».

La partie ne sera pas simple. La popularité du maire de Paris enregistrée par les enquêtes d'opinion ne se manifeste pas encore sur le terrain. Les séances de dédicaces pour son livre De l'audace déplacent moins de public que celles qu'organise Ségolène Royal.

Échaudés par le passé, les militants socialistes se méfient de ceux qui pourraient préempter le leadership trop tôt. Les cadres intermédiaires encore davantage. Les alliances en cours au PS compliquent davantage le jeu. Ainsi l'hypothèse d'un rapprochement entre Bertrand Delanoë et Martine Aubry s'éloigne, puisque la maire de Lille envisage une alliance avec Pierre Moscovici.

De retour de congés après le 15 août, Bertrand Delanoë va préparer ensuite sa rentrée politique. Lors de l'université d'été de La Rochelle, à la fin du mois, il a prévu de réunir ses partisans vendredi en fin de journée. Le samedi matin, il participera à une table ronde sur l'environnement.

DEVOIRS DE VACANCES (7) - Le maire de Paris passe ses vacances dans la ville de son enfance, Bizerte, en Tunisie.

PS : Sous le soleil tunisien, Delanoë élabore une stratégie

Nicolas Barotte
12/08/2008 | Mise à jour : 21:12 |
Commentaires 26

Publié dans BERTRAND DELANOE

Commenter cet article

Frédo 15/09/2008 15:47

Si Delanoé a du coeur et des responsabilités, j'aurai bien voulu qu'il agisse auprès de son ami Ben Ali président de la Tunisie pour faire accorder une libération rapide en faveur de Sameh Harakati.http://tunisie-harakati.mylivepage.com Que Delanoé prouve ses capacités à faire le bien pour tous.

yoman 16/08/2008 19:10

Delanoë est le meilleur pour neutraliser l'UMP, si l'on en croit ce qu'il a fait de l'UMP Paris :http://delanoe-illusionniste.hautetfort.com/Ils en sont devenus primaires. Mais Sarkozy est un autre morceau !