Les grands élus tendent à prendre le pas sur les «éléphants» (Le Monde, 18/07/08)

Publié le par François Alex

A MOINS de quatre mois du congrès de Reims, la course aux alliances a commencé au Parti socialiste. Or, ce n'est ni autour de Ségolène Royal ni autour de Bertrand Delanoë - pourtant contraints d'attirer à eux d'autres composantes du PS - que s'organise le jeu. Les premiers à opérer une jonction au sein d'un paysage socialiste kaléidoscopique sont les tenants de « La ligne claire » (réunis autour de Gérard Collomb, maire de Lyon, et de Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône) et Pierre Moscovici. Ce dernier, premier signataire de la contribution du courant strauss-kahnien, se présente comme un premier secrétaire « non présidentiable », prônant un « réformisme assumé » et l'organisation de primaires parmi les sympathisants pour désigner le candidat socialiste en 2012. 

Ce rapprochement cherche dans un premier temps à réunifier autour de M. Moscovici les partisans de « DSK » dont une partie s'est engagée avec les fabiusiens sous la bannière des « Reconstructeurs » et derrière Martine Aubry. Pour compliquer encore la situation, d'autres strauss-kahniens (ex-rocardiens pour la plupart) ont rejoint Bertrand Delanoë. Jean-Christophe Cambadélis, fidèle lui aussi de « DSK », et principal artisan de la constitution des « Reconstructeurs » a lancé jeudi 17 juillet un « appel pour mettre un terme à la fragmentation du PS, à laquelle les militants ne com pren nent plus rien ».

Décidés eux aussi à « construire un axe majoritaire », les fidèles de François Hollande lanceront dans les prochains jours un appel aux autres sensibilités, invitant « ceux qui pensent la même chose à se retrouver sur une même motion au congrès ». Jean-Marc Ayrault, récemment réélu président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Alain Rousset, président de la région Aquitaine et signataire du texte de « La ligne claire » mais aussi François Rebsamen, proche de Ségolène Royal et numéro deux du PS pourraient y répondre.

De ces manoeuvres quelque peu byzantines se dégagent plusieurs confirmations. D'abord que Ségolène Royal, Bertrand Delanoë ou Martine Aubry ne sont toujours pas en mesure d'élargir le socle initial de leurs soutiens.

Ensuite que les courants traditionnels ne parviennent plus à façonner un congrès socialiste et qu'en conséquence les grands élus tendent à prendre le pas sur les « éléphants ».

Jean-Michel Normand

GAUCHE PRÉPARATION DU CONGRÈS
Premières ébauches d'alliances au PS
Article paru dans l'édition du 18.07.08

Publié dans CONGRES DE REIMS

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