Quatre députés PS dénoncent l'"antisarkozysme pavlovien" de leur parti (Le Monde, 22/07/08)

Publié le par François Alex

Quatre députés socialistes - qui ont voté lundi contre la révision constitutionnelle - s'interrogent mardi sur la stratégie du PS "réfugié dans une opposition caricaturale" et sur son "incapacité à s'abstraire d'une forme d'antisarkozysme pavlovien".

Dans une tribune publiée par Le Monde daté de mercredi, Christophe Caresche (Paris), Jean-Marie Le Guen (Paris), Gaëtan Gorce (Nièvre), et Manuel Valls (Essonne) estiment que "l'adoption de la réforme constitutionnelle conduit à s'interroger sur la pertinence de stratégie du Parti socialiste".

Pour ces quatre députés, qui faisaient partie des 17 ayant appelé en mai à un "compromis" avec le président de la République, "le PS n'aura été ni en capacité de faire échec à cette réforme institutionnelle, ni en situation de l'infléchir". Pour eux, "le PS doit s'interroger sur sa stratégie de parti d'opposition. Sa disqualification résulte de son incapacité à s'abstraire d'une forme d'antisarkozysme pavlovien qui le conduit à s'opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République". "Cette ligne de conduite est dangereuse et fait le jeu de celui qu'elle prétend combattre", poursuivent les élus PS. "Elle nous éloigne des Français qui n'écoutent plus un parti réfugié dans une opposition caricaturale. Elle crédibilise un discours purement protestataire. Elle n'incite pas à rechercher des solutions alternatives". "Au moment où la France connaît des défis majeurs, les Français n'attendent pas seulement que le Parti socialiste dénonce une politique inefficace et injuste, mais qu'il aide notre pays à surmonter ses difficultés". Ils soulignent "une double erreur d'appréciation" de leur parti. La première est "d'avoir considéré que l'opposition était en mesure de réunir une minorité de blocage". La deuxième concerne "le contenu de la réforme elle-même", estiment ces députés. "Obnubilés par la pratique institutionnelle +hyperprésidentielle+ de l'actuel président de la République, les socialistes ont voulu voir dans cette réforme la volonté d'inscrire dans la Constitution le renforcement des pouvoirs présidentiels".

Pour eux, "cette perception est pour l'essentiel erronée. Le président de la République ne gagne aucun pouvoir nouveau, hormis celui de s'exprimer devant le Parlement réuni en Congrès".

Ils expliquent avoir voté "contre" lundi au Congrès de Versailles, en respectant la discipline du parti, parce que "il n'était pas question pour (eux) de diviser (leur) camp et d'être les supplétifs de la majorité".


Le Monde
22.07.08 | 11h47

Publié dans INSTITUTIONS

Commenter cet article

Joke 23/07/2008 08:06

"Ils expliquent avoir voté "contre" lundi au Congrès de Versailles, en
respectant la discipline du parti, parce que "il n'était pas question
pour (eux) de diviser (leur) camp "Sur la forme, leur communiqué divise-t-il "le parti"? Il aurait été plus logique qu'ils votent pour "à titre personnel" et qu'ils se taisent - je veux dire qu'ils expriment leurs critiques à l'intérieur du PS.Je ne suis pas membre du PS mais cela m'attriste parce que je ne pense pas que cela fasse avancer les choses.Sarkozy peut dormir tranquille. Hélas.