Elections législatives: victoire écrasante en vue pour le camp UMP - 80 à 120 sièges pour le PS - (Tribune, 03/06/2007)

Publié le par François Alex

assnattrib.jpgUn mois après la présidentielle, 44,5 millions d'électeurs sont invités à retourner aux urnes les 10 et 17 juin pour élire les 577 députés qui siègeront cinq ans dans la prochaine Assemblée. Selon le dernier sondage Ifop, l'UMP est créditée de 420 à 460 sièges contre 359 aujourd'hui. Le PS n'en totaliserait qu'entre 80 et 120, contre 149 aujourd'hui. François Bayrou et ses partisans, qui viennent de créer le Mouvement démocrate (MoDem), auraient entre 0 et 4 sièges et les Verts, deux au mieux.

Les candidats lancés dans la course des législatives en France entament leur sprint final. Un mois après la présidentielle, 44,5 millions d'électeurs sont invités à retourner aux urnes les 10 et 17 juin pour élire parmi plus de 7.600 candidats les 577 députés qui siègeront cinq ans dans la prochaine Assemblée.

En position de force, Nicolas Sarkozy -élu avec plus de 53% des voix le 6 mai et président le plus populaire depuis De Gaulle, selon les sondages-, et son parti UMP battent campagne pour obtenir le plus de députés possible. Objectif: avoir "les moyens" d'appliquer l'ambitieux programme de "rupture" promis par Nicolas Sarkozy. Celui-ci, descendu dans l'arène pour soutenir les siens au Havre (nord-ouest) mardi, veut aussi une victoire écrasante "pour terrasser toute forme d'oppositon politique, gauche et centre confondus".

Le gouvernement de François Fillon, dont 11 membres sur 15 sont candidats à la députation, Fillon compris, a notamment annoncé pour l'été des réformes en matière de finance (détaxation des heures supplémentaires, exonération de droits de succession, déduction des intérêts d'emprunt, interdiction des "parachutes dorés"...), de justice (abaissement de la majorité pénale à 16 ans, peines planchers pour les récidivistes), voire d'éducation (autonomie des universités) et d'immigration.

De leur côté, les dirigeants du parti socialiste (PS), en pleine crise de leadership et de projet, s'efforcent de mobiliser leur public en appelant à un sursaut à gauche pour constituer "une opposition forte" et ne pas laisser "tous les leviers de commande" à un seul parti. Ségolène Royal, finaliste malheureuse de la présidentielle, était dans son fief de Melle dimanche pour soutenir la socialiste qui compte lui succéder. Déjà présidente de région, Ségolène Royal ne se représente pas par fidélité à son idéal de non-cumul des mandats.

Globalement, la situation s'annonce mal pour le PS, selon le dernier sondage réalisé du 31 mai au 1er juin par téléphone auprès de 929 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus inscrites sur les listes électorales, extrait d'un échantillon national représentatif de 1008 personnes (méthode de quotas) et publié dans le Journal du Dimanche (JDD). Alors que l'UMP est créditée de 420 à 460 sièges sur les 555 alloués aux députés de France métropolitaine, contre 359 aujourd'hui, le PS n'en totaliserait qu'entre 80 et 120, contre 149 aujourd'hui. Mais en raison notamment du jeu des alliances, certains candidats qualifiés le 10 juin jetteront l'éponge et, si certaines triangulaires s'esquissent le 17, le second tour prendra dans l'écrasante majorité des circonscriptions la forme d'un duel.

Outre le PS, toute l'opposition devrait faire les frais de la "vague bleue" (couleur de l'UMP) et du "rouleau-compresseur" UMP. Selon Ifop, le centriste François Bayrou et ses partisans, qui viennent de créer le Mouvement démocrate (MoDem), et lâchés par nombre de députés centristes ralliés à Sarkozy, auraient entre 0 et 4 sièges et les Verts, deux au mieux. Quant aux communistes, ils devraient se contenter de 9 à 15 députés contre 21 aujourd'hui et renoncer à leur groupe parlementaire (il faut 20 députés).

A droite de l'UMP, le Mouvement pour la France (MPF) du souverainiste Philippe de Villiers retrouverait lui ses deux élus. Les électeurs de Polynésie française, dans le Pacifique, ont déjà voté samedi, avec huit jours d'avance, pour permettre aux autorités à Papeete (Tahiti) d'acheminer à temps les documents électoraux du second tour.

Publié dans LEGISLATIVES 2007

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