Alain Olive (UNSA), tout en reconnaissant "l'incontestable légitimité démocratique" du programme de M. Sarkozy, explique que "le temps de la négociation n'est jamais du temps perdu" (Monde, 09/05/

Publié le par François Alex

 

sarkomonde.jpg

 

Social : aller vite sans "passer en force"

Très attendu sur les questions sociales, Nicolas Sarkozy veut aller vite. Avant l'été, voire avant les législatives, il doit faire preuve de sa volonté de mettre en chantier les réformes sur lesquelles il s'est engagé : service minimum et réforme du droit de grève, régimes spéciaux de retraite, sans oublier quatre conférences avec les partenaires sociaux sur la sécurisation des parcours professionnels et la "flexisécurité", l'égalité salariale, la démocratie sociale ou encore les conditions de travail.

 

M. Sarkozy doit aussi rassurer les syndicats sur sa volonté de concertation. C'est ce qu'a fait, mardi 8 mai, Claude Guéant, probable futur secrétaire général de l'Elysée. "Nicolas Sarkozy n'a aucune intention de passer en force" a-t-il déclaré à l'intention des syndicats. Ces derniers avaient manifesté, à peine le nouveau président élu, leur attente d'un dialogue social actif, tout en lui reconnaissant "une légitimité que nul ne peut nier", selon les mots de Bernard Thibault (CGT) sur France-Info, mardi.

Les syndicats brandissent tous la loi sur la modernisation du dialogue social, du 31 janvier, qui impose au gouvernement une nouvelle méthodologie avec le principe d'une "concertation préalable" pour tout projet de réforme portant sur "les relations individuelles et collectives du travail, l'emploi et la formation professionnelle". Syndicats et patronat doivent ensuite informer le gouvernement sur "le délai qu'elles estiment nécessaire pour conduire la négociation".

 

"VITESSE ET PRÉCIPITATION"

 

C'est sur ce point qu'il pourrait y avoir divergence, entre la volonté d'aller vite de M. Sarkozy et le rythme plus posé de la concertation sociale. FO a déjà précisé qu'il ne fallait pas "confondre vitesse et précipitation". Son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a indiqué que cela impliquait "de laisser le temps à la négociation ou à la consultation, sachant que les rythmes sociaux ne sont pas un copié-collé des rythmes politiques".

Alain Olive (UNSA), tout en reconnaissant "l'incontestable légitimité démocratique" du programme de M. Sarkozy, explique que "le temps de la négociation n'est jamais du temps perdu".

L'affaire se complique d'autant que des discussions sont déjà en cours entre syndicats et patronat sur la sécurisation des parcours professionnels, le service public de l'emploi ou le contrat de travail. Une réunion de bilan doit d'ailleurs se tenir lundi 14 mai.

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, syndicat sur lequel le nouveau gouvernement voudrait bien appuyer sa politique de réforme, se dit prêt à la discussion. Mais M. Chérèque s'interroge : "Comment le nouveau gouvernement va-t-il articuler son calendrier avec les discussions déjà en cours avec le patronat ?", a-t-il dit au Monde. Comme tous ses homologues, il rencontrera, à leur invitation, M. Sarkozy ou le nouveau premier ministre, et préférerait que l'événement n'ait lieu qu'après les législatives. Les négociations, elles-mêmes, ne pourraient donc entrer dans une phase active que pendant ou après l'été.

Rémi Barroux
Article paru dans l'édition du 09.05.07.
LE MONDE | 08.05.07 | 14h38  •  Mis à jour le 08.05.07 | 14h38

(photo)
AFP/THOMAS COEX
Malgré la volonté du gouvernement de fixer le bouclier fiscal à 50 %, de nombreux exilés refusent de se réinstaller en France.

Publié dans MITBESTIMMUNG

Commenter cet article