Le parti a été pour elle un boulet indéniable dans la campagne, mais des erreurs importantes ont été commises qui relèvent de sa propre responsabilité (Les Echos, 11/05/2007)

Publié le par François Alex

Le fragile désir d’avenir de Royal.

Si la date du 6 mai 2007 signe de façon incontestable l’entrée de Nicolas Sarkozy au panthéon de la droite française, on ne sait pas encore très bien quelle place Ségolène Royal occupera dans l’histoire mouvementée de la gauche. On peut la voir comme une simple comète qui aura traversé le ciel en laissant une légère traînée lumineuse ; on peut la croquer en éléphante programmée pour rejoindre à plus ou moins long terme un cimetière déjà bien rempli, mais on peut tout aussi bien l’imaginer comme une éclaireuse qui, par-delà la défaite, aura réussi à ouvrir un nouveau cycle.

sego-dsk-venere.jpgQue le doute soit permis est déjà une information en soi : le résultat du 6 mai 2007 apparaît en effet tellement sans appel qu’il aurait dû aboutir à une réponse beaucoup plus nette. En recueillant 46,94 % des suffrages, la candidate socialiste a fait moins bien que Lionel Jospin en 1995 (47,37 %). Elle a conduit le Parti socialiste et la gauche tout entière à leur troisième défaite présidentielle consécutive alors que cette élection était jugée imperdable en raison du remord causé par le 21 avril 2002 et de l’usure supposée des sortants. « N’importe quel âne qui se présente sera élu », pronostiquait-on dans les rangs socialistes.

Ségolène Royal donc a été lourdement vaincue et pourtant elle s’est comportée comme si elle avait gagné. Dimanche soir, elle n’avait pas les larmes aux yeux pour annoncer aux militants qu’elle quittait la vie politique comme l’avait fait cinq ans plus tôt, de façon il est vrai quelque peu présomptueuse, Lionel Jospin. Elle avait au contraire le sourire aux lèvres pour les informer qu’elle « continuerait le combat ». Et eux, encore dopés par la campagne, l’applaudissaient à tout rompre. De l’art de transformer du plomb en or sous l’oeil démultiplicateur des caméras de télévision ! Les éléphants qui ne sont pourtant pas des néophytes en sont restés bouche bée : à cinquante-trois ans, portée par la défaite, Ségolène Royal avait donc décidé d’écrire une nouvelle page de l’histoire du Parti socialiste.

L’aberration n’est qu’apparente. Mise sur orbite par les sondages avant d’avoir été investie candidate socialiste au terme d’une primaire âprement disputée, la présidente de la région Poitou-Charentes a pour elle la cohérence : elle raconte depuis le début la même histoire aux militants : elle est celle qui innove et rénove, attire à elle de nouveaux militants, fait bouger les lignes, brise les tabous, tend la main au centre, fait évoluer les esprits comme jamais. « Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles. C’est la condition de nos victoires futures », a-t-elle expliqué dimanche. Ce faisant, elle rejette la responsabilité de la défaite non pas sur ses propres erreurs de campagne mais sur l’archaïsme du parti qui l’a mal comprise et donc mal soutenue. En même temps, elle prend de vitesse deux autres candidats à la rénovation : Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë. Tous les deux jugent avoir quelques lettres de noblesse pour poursuivre et amplifier la rénovation d’un parti qui peine depuis des années à appeler un chat un chat et à proposer des solutions adaptées au nouveau contexte de la mondialisation.

Le raisonnement de Ségolène Royal a beau faire rire (jaune) ses adversaires, il mérite d’être pris au sérieux car il se trouve, d’une certaine façon, validé par l’épopée de Nicolas Sarkozy : le vainqueur du 6 mai s’est d’abord imposé dans les sondages, avant de s’emparer de l’UMP. Il a d’abord mené en solitaire le travail de rénovation idéologique de la droite avant d’en imprégner l’UMP qui, groupes de travail et travaux d’experts aidant, l’a ensuite amplifié et largement diffusé. Pour parvenir à cette refondation de la droite, il aura fallu cinq ans de travail acharné au leader de la droite. Ségolène Royal, à qui il faut reconnaître non seulement de la pugnacité mais de l’audace, veut reproduire à gauche ce que Nicolas Sarkozy a réussi à droite... Tous les deux ont parfaitement intégré la logique de l’élection présidentielle qui permet aux ambitieux de soulever des montagnes pourvu qu’ils aient du talent, de la ténacité et une ligne claire. Il faut donc s’attendre, une fois passé les élections législatives, qui requièrent un minimum d’unité, à de fortes turbulences au sein du PS car c’est ni plus ni moins le contrôle du parti qui est en jeu.

Le pari de Ségolène Royal n’est pas impossible mais, au lendemain d’une défaite impressionnante, il se heurte tout de même à trois obstacles de taille. Le premier est d’ordre personnel. Dans sa nouvelle bataille, la présidente de Poitou-Charentes n’a plus pour adversaire direct Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn mais François Hollande, qui n’est autre que son compagnon. Tout le raisonnement de la candidate revient en effet à instruire le procès d’un parti sclérosé qui, pendant dix ans, a été présidé par... François Hollande. Drame cornélien qui prouve à quel point il est difficile de faire de la politique en couple : le premier secrétaire devient la victime expiatoire d’une défaite dont il peut légitimement estimer qu’il n’en porte pas l’entière responsabilité. La charge contre lui est d’autant plus violente qu’elle est également portée par Dominique Strauss-Kahn, particulièrement vindicatif lorsqu’il déclare : « Il faut reconnaître que jusqu’à maintenant ce parti ne s’est pas renouvelé. C’est pour moi la cause de l’échec. »

Le second obstacle tient à la nature même du Parti socialiste. Traversé de courants divers depuis ses débuts, il a toujours été fondamentalement attaché à son unité. C’est la raison pour laquelle il est si difficile à rénover. Ces dernières années, le seul à y être parvenu est François Mitterrand, qui, après avoir conquis le parti de l’extérieur, avait réussi à le porter aux marches de l’Elysée en restant obstinément fidèle à une stratégie, celle de l’union de la gauche. La situation aujourd’hui est infiniment plus complexe. Le PS manque cruellement d’alliés à gauche en raison de la fonte historique du PC et des Verts. Il n’est pas pour autant assuré d’en trouver au centre, compte tenu des difficultés que rencontre François Bayrou à faire vivre son nouveau parti. Il faut donc s’attendre à des débats très vifs sur la ligne.

Au camp des modernistes incarné par Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn s’opposent les « décomplexés de gauche » menés par Laurent Fabius, dans lesquels des personnalités comme Henri Emmanuelli mais peut être aussi François Hollande pourraient très bien se reconnaître. Pour eux, le succès de l’offensive idéologique menée à droite par Nicolas Sarkozy doit conduire la gauche au même type de comportement : assumer clairement ses valeurs plutôt que de s’aventurer sur le terrain de l’adversaire.

Le dernier obstacle, enfin, tient aux faiblesses de la candidate. S’il est indéniable que le parti a été pour elle un boulet dans la campagne dans la mesure où aucun débat de fond n’avait été tranché, il est tout aussi vrai que des erreurs importantes ont été commises qui relèvent de sa propre responsabilité : improvisations, difficulté à élargir le cercle des intimes, manque de cohérence de la stratégie politique. C’est comme si la campagne s’était faite en marchant. Toutes ces faiblesses ont pesé sur la crédibilité de la candidate. Elles devront être impérativement corrigées si la perdante du 6 mai veut donner quelque réalité à son désir d’avenir.

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11/05/2007

Commentaires

Le fragile désir d’avenir de Royal

Excellente lucidité dans le diagnostic et la défition de la problématique à résoudre. Le tandem ’Royal Hollande’ ne peut réussir dans la politique ce qu’il a fait en terme de vie privée. L’hydre à 2 têtes ne peut fonctionner au PS avec toute cette ambiguité de vrai faux couple où Mme est plutôt terrain et M. est plutôt establishment ! Au-delà des législatives, il doit y avoir une implosion pour clarifier la stratégie du PS et mettre en ordre de marche une équipe recomposée avec un chef ou une cheftaine de file....


Rédigé par hibertus | vendredi 11 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

On ne peut qu’être d’accord avec cette analyse. Peut-être faudrait il rajouter un dernier point et considérer que la gauche moderne ne naîtra qu’à partir du moment où elle considèrera qu’elle ne détient pas une vérité messianique. Comme en tout, l’humilité est le préalable à la crédibilité. Vouer sytématiquement ceux qui ne pensent pas "à gauche" aux gémonies de l’histoire est d’un autre âge. Les propos de Madame Royal sur la "dangerosité" du candidat Sarkozy ont beaucoup aidé à la victoire de ce dernier. Et les quelques éruptions de jeunes trublions dès le soir du 6 mai ne font rien pour permettre cette remise en cause.
Madame Royal pourrait jouer un rôle dans cette refondation. A condition de vaincre ses démons personnels et d’acquérir cette humilité qui lui fait défaut.


Rédigé par G2M | vendredi 11 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Royal restera Royale

Je trouve votre point de vue très dure envers Ségolène. Vous n’avez pas parlé de tous les problèmes qu’elle a rencontrés pour se présenter. Je souhaite qu’elle continue pour être la vraie étoile de la France.


Rédigé par farah | vendredi 11 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Dieu sait si j’aime analyser et décortiquer ce qu’est la gauche française moderne, tant son histoire est plus passionnante à suivre, que celle plus classique de la droite.

Et pourtant, vous avez raison, la droite a ici quelque chose à apprendre à la gauche : comment se défaire d’une chape de plomb posée et vérouillée avec soin par les prédecesseurs.

Vous semblez oublier, en effet, que la droite nous a valu de franche rigolade (amer pour ses défenseurs) avec, on s’en souviendra longtemps, cette affiche posée sur nombre d’emplacements publicitaires : Vous en avez marre d’avoir la droite la plus bête du monde ? Nous aussi !
La situation en fut d’autant plus comique, que le dessin repris pour l’occasion avait été utilisé sans l’autorisation de son auteur, Uderzo pour ne pas le nommer. Effectivement, la bêtise de la droite semblait n’avoir aucune limite.

A quand le même scénario pour la gauche ?

Donc, le problème que vous semblez oublier, voulais-je dire, c’est que la droite a du se défaire de l’influence envahissante du clan des Chirac, qui ne permettait pas et a essayé d’empêcher l’ascension de Nicolas Sarkozy.
Essayez, pour voir, de faire naître des idées viables et de droite, dites réformatrices, sans vous faire torpiller par le clan Chirac.
Qu’est donc devenu la génération réformatrice qui s’était levée au sein du RPR ? Qui se souvient de Michel Noir, François Léotard... ?
On en a vu les résultats, tous ont fini à la corbeille, ou avec des affaires judiciaires sur les bras. Quant à Chirac, rien ! Les juges attendent toujours son bon vouloir !

La madone a mené une campagne dure, ne mâchant pas ses mots envers les uns ou les autres. La leçon qu’elle aura retenu de Lionel, c’est qu’il ne faut pas plaisanter sur l’âge du capitaine, et quand on médit sur son adversaire, on coupe le micro des journalistes, ou on le fait dans leur dos.

Ségolène a cru qu’il suffisait de paraître, pour être. Un sourire parfait, une tenue toujours resplendissante, à faire baver de jalousie la garde robe des plus grands top-models, avec chaque jour une nouveauté. Un discours qui promet tout ce que l’auditeur souhaite...
Ségolène est quelqu’un d’intelligent dans la manipulation, tout comme l’étaient François Miterrand ou Jacques Chirac. Mais sa pensée n’est pas assez étayée. Cela se ressent dans son discours, et ses idées qui sont on ne peut plus irréfléchies.

Prenons pour preuve la proposition de dernière minute qu’elle sort lors du débat : raccompagner les femmes fonctionnaires chez elles le soir.
Sa position s’analyse ainsi : un problème, une solution, je réfléchis après à la cohérence du propos. Tout laisse à penser que cette personne est très capable dans l’administration où l’on adore monter des usines à gaz. Effectivement, ici, elle est experte en la matière.

Ségolène a sans conteste un charisme, mais cela ne suffit pas à un chef, il lui faut aussi une cohérence, et au cas où les idées ou la raison lui font défaut, quelqu’un pour lui permettre de garder les pieds sur terre en permanence.

Elle est donc capable de mener une campagne, mais pas de gérer la victoire. Son principal défaut dans cette entreprise fut sans doute de n’avoir pas su s’entourer, ou pas assez bien. La prochaine échéance nécessitera pour elle de revoir son équipe et de ne garder que ceux qui lui seront réellement bénéfique, surtout pour sa cohérence personnelle.


Rédigé par gabriel | vendredi 11 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Non. Cette analyse est trop axée sur la personnalité de Ségolène Royal. Il est vrai que l’élection présidentielle est un vote sur une personne. Mais l’héritage des gouvernements précédents dirige également le vote des électeurs.

En la matière l’héritage du gouvernement Jospin a permis à la droite et M. Sarkozy de rebondir violemment politiquement dès la réélection de M. J. Chirac en 2002. Rappelez vous que M. Jospin avait comme politique de légaliser tous les sans-papiers et que parallèlement ce même gouvernement Jospin est resté sourd à la montée de la violence et la délinquance. A propos de l’emploi le gouvernement Jospin a pondu l’aménagement du temps de travail, la fameuse loi Aubry communément appelée "les 35 heures" ou RTT, loi devenue célèbre à l’étranger pour son côté fantaisiste "à la française" de lutte contre le chomage. Pensez donc : travailler moins ça va réduire le chomage.

Dès l’arrivée de M. Sarkozy à l’intérieur celui-ci rebondit sur le thème du mérite et des résultats en s’attaquant au problème de la délinquance laissé en friche par L. Jospin. Il obtient des résultats et a donc du mérite ! Le chomage monte encore dès la réélection de M. J. Chirac. Cette situation met en évidence l’aspect ludique de la théorie de l’aménagement du temps de travail et surtout son coût important pour la société française. La droite fait bonne figure dans les cinq dernières années alors que les socialistes passent pour des naïfs. Sur ce point je donne raison à l’électeur français.

C’est contre cette situation que Mme Royal doit se battre durant cette élection présidentielle. Elle doit même concéder à la droite une réforme-aménagement des 35 heures sous peine de ne pas être crédible en terme de lutte contre le chomage. Dans l’esprit des Français y avait-il un doute sur ce partage des responsabilités de part et d’autre de l’échiquier politique français lors de l’élection présidentielle ? Je ne le pense pas !


Rédigé par boston | vendredi 11 mai 2007


Désir fluctuant et avenir incertain

D’abord une certitude. Ségolène Royal avec 47% des voix est là pour rester. Comme Jospin après 1995. Qui est devenu Premier Ministre en 1997. De ce côté là, la gauche française a une dirigeante qui est reconnue. Elle est reconnue par ses adversaires, c’est le principal. Elle a été choisie par le PS et ensuite appuyée par toute la gauche, c’est un fait. De plus Bayrou a indiqué qu’il ne votait pas pour son adversaire, c’est une reconnaissance par défaut. Sans revenir sur la difficulté de son parcours, on doit, sur la base des faits, convenir que si son cheval de bataille avait été à 50% de la puissance de son adversaire Sarkozy, elle aurait triomphé. Elle ne s’est pas battue à armes égales. Sarkozy est le premier à le savoir. Il disposait de trois fois plus de moyens médiatiques que son adversaire.
Son avenir est aussi tracé. Elle rassemblera la future majorité présidentielle de 2012. Celle qui va effacer les défaites de 2007. Sa campagne participative l’a amené à faire des assemblées en dehors des partis. Elle peut construire sur la base de Désirs d’avenir un réseau de comité de surveillance citoyenne du gouvernement en lien avec l’opposition parlementaire. Ce modèle de gestion de l’opposition est déjà actif. Elle peut favoriser le développement d’une pratique de primaires pour toute l’opposition républicaine du centre à la gauche du PS. Comme Prodi avec la Fabrique Démocratique. Tenir de grandes assemblées citoyennes où culture, éthique et politique se rejoignent. Suivre de près l’évolution de la jeunesse. Voir que l’électorat de Sarkozy, âgé, va se déliter. Imposer un style de politique nouveau face à Sarkozy qui est partagé entre conservateurs et ambitieux.
Si on compare ses erreurs à celle de Sarkozy on ne peut certainement pas dire qui en assume le plus. la Différemce s’est faite, comme le dit Bayrou, dans le monde des médias qui ont été favorables à Sarkozy et Bayrou depuis un an. Sarkozy a su imposer Rastignac comme légitime à l’Élysée. Royal impose un changement sociologique qui normalise la vie démocratique française en Europe. Dans une certaine mesure Royal, dirigeante de l’opposition, pourra limiter les dérives autoritaires de Sarkozy. Aucun autre ne pourra le faire comme elle.
Votre analyse oublie de traiter son électorat en termes sociologiques. Là où sont les fortes stabilités. C’est un électorat jeune et urbain qui va entraîner les nouveaux jeunes de 13 à presque 18 ans qui seront électeurs en 2012. C’est ce groupe qui fera la différence à ce moment. Comme l’hypothèque FN sera levée avec le départ du vieux dirigeant Le Pen de la scène politique à l’horizon 2012, la jeunesse française n’aura plus à dériver vers ce reliquat du chauvinisme de grand papa. Un petit bout de chemin Royal /Bayrou va s’affirmer. Et peut-être un reclassement de la gauche de la gauche d’ici un an ou deux.
La France a adopté le modèle finissant de Bush-Blair. On est en retard quand on aurait pu être en avance... On a pas eu de surprise. C’est remis. Hélas, c’est cela que le peuple de France va payer au prix fort. La présence de Ségolène Royal comme dirigeante de l’opposition, sans empêcher les troubles sociaux, pourra limiter la casse. Qui ne le souhaite pas ?


Rédigé par charleston | vendredi 11 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Bravo et merci pour cette remarquable synthèse, qui m’inspire les lignes suivantes.

La rénovation et le maintien de l’unité du PS sont difficilement compatibles. En effet, au plan économique, les différences idéologiques sont considérables (et en fait incompatibles) entre d’une part les sociaux-démocrates (ou « gauche américaine ») comme DSK et Kouchner, et d’autre part les marxistes de naissance ou par calcul (Emmanuelli, Mélanchon, Fabius). Et ces derniers auront de plus en plus de mal à expliquer aux Français qu’un système qui a échoué partout dans le Monde et dont il ne reste plus guère comme tenants que la Corée du Nord et Cuba est un exemple à suivre (même si on l’édulcore).

En conséquence, le PS va devoir choisir entre :

1/ Un replâtrage pour afficher une unité de façade qui ne trompera que quelques militants. L’immobilisme et le déclin continu en découleront.

2/ Une scission entre marxistes (qui fonderont un grand parti anti-libéral avec LCR, Bové ..) et les sociaux démocrates (qui rejoindront Bayrou).

Ces deux scénarios pourraient être consécutifs ou alternatifs.


Rédigé par DMARECHAL | samedi 12 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Je ne sais pas si séjourner au Fouquet’s ou sur un certain type de yacht sont les symboles de la victoire du candidat qui avait les "pieds sur terre"... Les convictions ne se sont pas jouées à ce niveau-là, pas davantage sur les contenus de programme qui restent pour l’instant... du programme et pas de l’action. La force de la victoire de M. Sarkozy est celle de l’engagement sans faille du "tous pour UN", "tous pour une victoire", ce que tout gosse apprend dans une organisation sportive, ce que les formations dites de gauche n’arrivent pas à "incarner" hélas. Les militants et sympathisants convaincus que la victoire était possible (même contre la force des médias !) ont dû batailler contre les rétentions d’information organisées par les bastions du parti socialiste, il était donc bien difficile dans ces conditions de relayer sérieusement le pacte.

Il me semble que le résultat de Me Royal mérite pour les quelques raisons suivantes la mention honorable avec les encouragements plus qu’encore une fois les dénigrements, si chacun s’accorde sur ce que CHANGER veut dire :
il a fallu attendre le 21e siècle pour porter une femme au 2e tour de l’élection présidentielle dans le pays si fier de sa devise républicaine ; cet argument à lui tout seul pourrait être le reflet de son audace et de sa détermination, loin de la "fragilité"...
est-il utile de rappeler qu’elle totalise 47 % d’une participation massive, après un zéro pointé en 2002 (pas de gauche au 2e tour) ???
elle a pour elle des électeurs depuis si longtemps absents ou éloignés de tout intérêt de la vie politique. Je pense aux jeunes populations, aux femmes résidentes de banlieue, aux femmes chef d’exploitation agricole ou conjointe d’exploitants agricoles, et une ébauche d’un retour de la classe ouvrière ; pour ceux et celles-là, les sourires et les beaux tailleurs ne suffisent pas pour convaincre !

Quoiqu’en disent les économistes qui croient encore en l’économie rationnelle, elle est bel et bien entourée de conseillers, ceux-là même qui ont mesuré le coût économique des mauvaises relations au travail. Je renvoie les lecteurs à l’analyse de Thomas Philippon, "le capitalisme d’héritiers. La crise du travail", loin des calculettes, des jeux d’émotions et des effets Tom Cruise !


Rédigé par verone | samedi 12 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

L’évènement de la semaine fut donc que le vieux pays a échappé au retour de Jospin parce que le Premier Secrétaire du PS craignait de ne pas revoir ses enfants !
Si Hillary Clinton a eu vent de la scène, on comprend que le voyage à New York de la madone des sondages, n’ait jamais eu lieu.

L’épisode est aussi cocasse que le puissant commentaire de votre confrère Jeambar sur Radio Classique pendant les trois semaines du tango jospinien j’y vais-j’y vais pas. Jeambar nous expliquait d’autorité que le malheureux candidat de 2002 «  fignolait son retour selon un authentique travail d’orfèvre ». Avec de tels observateurs, le bon peuple est bien éclairé. Ce sont les mêmes qui créditent monsieur Hollande d’un grand sens de l’humour et d’un talent à raconter des histoires drôles. Il va lui en falloir jusqu’aux législatives. Après il aura probablement tout le temps de s’occuper des enfants. Mais qu’il soit encore là ou pas, on est parti pour bien rigoler, si l’on en juge les sorties de réunion à la Mutu ...

Excellent contrepoids aux remèdes douloureux que le pays ne peut plus éviter. Car lorsqu’on entend les critiques délirantes de l’ultra gauche de ce PS contre le bilan de Tony Blair, on se dit qu’il est salutaire que la rue de Solférino soit en ruine. Laissons travailler ceux qui viennent d’être élus, et bien élus.


Rédigé par ledilettante | dimanche 13 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Pas d’accord avec tous ceux qui tirent à boulet rouge sur Ségolène.
Elle n a pas perdu parce qu elle a été mauvaise.
Elle a perdu parce qu’elle avait à combattre un être machiavélique.
Ceci dit, il faut continuer à la soutenir et à l’aider. En améliorant l’énorme quantité de travail et d’idée fournie en si peu de temps, elle vaincra.

ps : je ne faisais pas partie de "l’électorat du PS à la vie à la mort". J appréciais depuis lontemps certaines personnalités du PS (MM. Bérégovoy, Chevenement, Delors, Mauroy) et désaprouvais un nombre certain d autres personnalités du PS. Du coup, mes votes n’ont pas toujours été en faveur du PS. Et au premier tour, si la candidate n’avait pas été Ségolène .... je n’aurais peut être pas voté pour le PS. Mais, ... Ségolène m’a convaincue. Grâce à son pacte. Et sa personalité.

Il n’y a qu elle qui peut rassembler ceux qui doutent et ne sont pas toujours bien convaincus par les arguments des socialistes (nous avons encore tous dans la tête "la gauche caviar"......)


Rédigé par murielmaman | dimanche 13 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Je suis avec votre avis et j’espère que Mme Royal aura la possibilité de conduire le PS pour les prochaines échéances électorales. Mme Royal est sans doute la vraie image de la France du futur.


Rédigé par dzair | dimanche 13 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Je pense que c’est une bonne analyse si ce n’est sur l’appréciation de l’importance de la défaite de S. Royal. Qui croyait vraiment en une victoire de la gauche ? En tout cas pas les gens de gauche qui ont misé sur une outsider, femme de plus, qui pourrait réussir un miracle.


Rédigé par YvesM | dimanche 13 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Je partage votre analyse Mme Fressoz et, n’en déplaise à certains, je serai enclin à penser que Mme Royal a voulu imposera sa vision du changement au PS et à l’obliger à se rallier à elle, certaine qu’elle était de soulever l’enthousiasme et l’adhésion des militants. Il suffit pour s’en convaincre des attitudes plus que réservées des dirigeants socialistes lors de ses différents meetings.
Je ne suis d’accord avec Mme Royal sur un point : il faut en finir avec les brontosaures du PS et laisser apparaître des nouvelles têtes, des esprits neufs. A l’heure où Tony Blair tire sa révérence, je me permets de reprendre son bon mot lors de son discours à l’Assemblée Nationale en 98, "courage".

Mme Royal invite les dirigeants à plus de modestie, forte de ses 17 millions d’électeurs mais se veut-elle elle-même modeste en s’auto-désignant comme la seule à même de réformer le PS ?

Aujourd’hui Mme Royal a engagé une course de vitesse pour la prise du parti en s’appuyant sur une popularité qui n’a pas encore pâti des résultats des législatives.
Vous pointez ses improvisations, ses manquements en matière de stratégie politique et, aussi, pendant l’entre-deux tours, il faut souligner son activisme pour récupérer des voix tous azimuts (à ce titre, je n’ai entendu personne dire que les voix de l’extrême gauche étaient le signe d’un ralliement du PS à des idées anti-démocratiques).

Sur le fond, le PS est certainement le parti de gauche le plus archaïque d’Europe, accroché à ses anciennes lubies (plus de social, plus de syndicats, plus de redistribution) et déconnecté de la réalité (économie de marché, compétitivité, mondialisation).

Je souhaite au PS qu’il passe outre le supposé sourire de Joconde de Mme Royal et qu’il fasse sa propre réforme en s’appuyant sur des personnalités nouvelles et actuelles : DSK ?


Rédigé par anavrin2 | lundi 14 mai 2007


Le fragile désir d’avenir de Royal

Le spectacle qu’a donné Ségolène Royal dimanche soir (6 mai) était indécent : sa défaite est cinglante comme vous le rappelez à juste titre, elle n’a eu de cesse de marginaliser le P.S., elle n’a commencé aucune autocritique. Le pire c’est qu’elle veut préempter la désignation du candidat du P.S. en 2012 !

Seuls dans le parti socialiste, tel qu’il est aujourd’hui, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont la stature d’un chef d’Etat. Quelle erreur que de se passer de tels talents !

Par contre l’erreur majeure a été que le chef du parti François Hollande ne soit pas candidat ; il faudra s’en souvenir la prochaine fois.

Dure bataille d’appareil en perspective mais Sarkozy est là pour dix ans.


Rédigé par blogfragmentsfr | lundi 14 mai 2007

Publié dans BIG BANG

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