"Des discussions ont encore eu lieu ce week-end, elles continuent", confirme Jean-Emmanuel Saunier, porte-parole de Mme Lauvergeon (Le Monde, 15/05/2007)

Publié le par François Alex

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Depuis plusieurs jours, Nicolas Sarkozy met en scène l'ouverture de son gouvernement à des personnalités de gauche. Le président élu devait notamment recevoir Bernard Kouchner, lundi 14 mai, pour évoquer sa possible nomination comme ministre des affaires étrangères. Les discussions porteraient sur le périmètre du futur ministère, qui intégrerait ou pas les affaires européennes, et sur le nom des futurs secrétaires d'Etat. 

100lauvergeon.jpgAutre personnalité de gauche, Jean-Pierre Jouyet, ancien directeur adjoint du cabinet de Lionel Jospin, pourrait devenir un des secrétaires d'Etat de M. Kouchner. Martin Hirsch, président d'Emmaüs France, a été également contacté par M. Sarkozy. "C'est vrai, dit-il au Monde, mais ma décision n'est pas prise." De même, l'ancienne "sherpa" de François Mitterrand, Anne Lauvergeon, actuelle PDG d'Areva, a été reçue, vendredi 11 mai, par le président élu. "Des discussions ont encore eu lieu ce week-end, elles continuent", confirme Jean-Emmanuel Saunier, porte-parole de Mme Lauvergeon.

"TROUVER LE BON LEVAIN"

"C'est comme un gâteau, ça monte ou ça ne monte pas, il faut trouver quel est le bon levain chez ces personnalités", commente-t-on dans l'entourage du président. "Les discussions portent sur l'accord de gouvernement auquel elles s'engagent, la durée de vie de leur mission et leur périmètre d'intervention", indique-t-on de même source. "On va y arriver, notamment parce qu'il y a plein de gens, au Parti socialiste, qui sont en train de réaliser que le train est passé pour eux et que, s'ils veulent être utiles dans les dix ans qui viennent, c'est maintenant qu'il faut faire le choix", ajoute un autre conseiller de l'état-major sarkozyste.

Combien seront-ils à franchir le pas ? Claude Allègre, ancien ministre de l'éducation nationale de M. Jospin, est "prêt à accepter une mission limitée dans le temps pour aider l'université française", indique Le Parisien du 13 mai. Reçu le 11 mai dans les bureaux de M. Sarkozy, rue Saint-Dominique, Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères de M. Jospin et président de l'Institut François-Mitterrand, n'a rien dévoilé de son entrevue. Joint par téléphone dimanche soir, il a indiqué n'avoir "aucun commentaire à faire pour le moment". Reste le cas d'Eric Besson, transfuge du PS à l'UMP pendant la campagne présidentielle.

SÉGOLÈNE ROYAL LASSE DES TRAHISONS

Ces engagements potentiels, alors que la campagne pour les élections législatives démarre, sèment la colère au PS. "J'ai toujours subi des critiques, si ce n'est des trahisons", a déclaré Ségolène Royal en marge du conseil national de son parti réuni à Paris, samedi. "Il faut qu'il y ait plus de discipline ! A droite, elle est sans faille", a déploré l'ex-candidate.

"Nicolas Sarkozy essaie, on va voir, a poursuivi Mme Royal. Hubert Védrine a participé à ma campagne, c'est quand même étonnant quand je vois les arguments critiques qu'il m'avait fournis." Tant M. Kouchner que M. Hirsch avaient également participé l'un et l'autre à des débats participatifs de l'ex-candidate pendant sa campagne – le premier, le 24 janvier, à Montluçon, sur l'environnement et la santé, le second sur le pacte social, le 20 décembre 2006, dans la banlieue de Strasbourg.

"Quand on est fidèle à ce qu'on fait, (...) à ce que l'on a écrit, on doit être cohérent, s'est ému François Hollande, à l'issue de la réunion du conseil national du PS. La politique a besoin de clarté, pas de confusion." Le premier secrétaire du Parti socialiste a ensuite durci le ton : "Comment voulez-vous que des hommes et des femmes, membres d'un parti qui a contesté tous les choix de Nicolas Sarkozy, puissent rester au PS?" A droite, cette démarche d'ouverture du président élu inquiète.

"LE CASTING IDÉAL, C'EST KOUCHNER"

Le nombre de postes de portefeuilles étant limités – quinze ministres dont la moitié de femmes –, plusieurs responsables voient s'éloigner la perspective d'être nommés. "Un ministre de gauche ça va, trois ça commence à faire beaucoup", fulmine l'un d'eux. "Sarkozy nous a prévenus que la fidélité, c'est pour les sentiments, l'efficacité pour le gouvernement, mais c'est quand même un peu dur de s'entendre dire qu'un homme de gauche est plus compétent que soi", ajoute un élu.

Beaucoup veulent donc croire que l'affichage actuel est un leurre, une entreprise de communication, et que lorsque la composition du gouvernement sera révélée – au plus tard lundi 21 mai – tout rentrera dans l'ordre. "Le casting idéal, c'est Kouchner : il est très populaire, il est déjà tricard à gauche et, vu son âge, il n'a rien à perdre", lâche un élu de droite.

Christophe Jakubyszyn et Isabelle Mandraud

LE MONDE | 14.05.07 | 11h48  •  Mis à jour le 14.05.07 | 13h24

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deslilas 14/05/2007 20:13

C'est ce qui s'appelle jouer personnel dans le sport lorsqu'on abandonne toute ambition collective pour se contenter des satisfactions individuelles que l'on peut éprouver en se moquant de l'entourage. Quelle haute opinion de soi faut -il avoir et/ou quel mépris des autres pour se donner tant d'importance, tant d'influence et se prêter au jeu du débauchage.L'ouverture, le compromis politique ce ne sont pas des aventures personnelles, des compromissions, des trahisons mais le résultat de discussions et négociations collectives.Nous sommes encore dans l'illusion et la caricature des "hommes providentiels" qui ne sont que le produit de leur époque.