Nicolas Sarkozy a souvent fait référence à Tony Blair en matière économique, en termes de rationalisation des services publics et de lutte active contre le chômage (JDD, 11/05/2007)

Publié le par François Alex

Jdd.fr - Le journal du dimanche au quotidien

  

Diplomatie, le style Sarkozy

>> Nicolas Sarkozy a dérogé à la tradition qui veut que tout dirigeant fraîchement élu réserve son premier échange international à son homologue d'outre-Rhin. En rencontrant le Premier ministre britannique à l'occasion d'une visite de Tony Blair à Paris, le président élu indique peut-être la nouvelle direction que la France entend donner à sa coopération européenne.

100lauvergeon.jpg"Je ne suis pas là pour durer, je suis là pour agir très vite", avait confié Nicolas Sarkozy devant les députés et sénateurs qu'il avait convié dans la salle Colbert du palais Bourbon, jeudi, jour de la proclamation officielle de son statut de président de la République par le Conseil constitutionnel. Et de fait, depuis son retour de Malte, Nicolas Sarkozy ne chôme pas. Levé tôt, peut-être pour donner l'exemple, il a rencontré jeudi dans une brasserie du 7e arrondissement tout proche du 35 de la rue Saint-Dominique, où il a installé ses bureaux provisoires, François Fillon et Claude Guéant pour mettre en place sa stratégie et former son gouvernement resserré à quinze têtes. Les consultations se sont ensuite multipliées rue Saint-Dominique où l'on a pu voir Rachida Dati, ex porte-parole de campagne, Alain Minc, président du conseil de surveillance du Monde, Anne Lauvergeon, PDG d'Areva et notamment Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Jospin...

En fin d'après-midi, le président élu a rencontré Tony Blair, le Premier ministre britannique démissionnaire. Non sans respecter le protocole. De passage à Paris, le leader travailliste, qui quittera le 10 Downing Street le 27 juin prochain, a réservé la primeur à l'actuel chef de l'Etat. Tony Blair et Jacques Chirac, entre qui le courant fut le plus souvent alternatif que continu, ont échangé plus d'une heure à l'Elysée et évoqué l'Europe, la réforme de ses institutions, les relations franco-britanniques et le changement climatique. Le porte-parole de la présidence, Jérôme Bonnafont, a rapporté les propos des deux chefs d'Etat qui ont insisté sur la fructueuse coopération entre les deux puissances qui ont "impulsé" de fortes avancées en matière de "politique de sécurité et de défense commune".

Complicité et accord sur l'Europe

Après s'être donné l'accolade, les deux hommes ont gagné ensemble le porche du palais de l'Elysée, rompant avec le traditionnel protocole du perron. Le Premier ministre britannique s'est ensuite rendu jusqu'à la rue Saint-Dominique et les bureaux du président élu après une visite à l'ambassade de Grande-Bretagne toute proche de l'Elysée. Nicolas Sarkozy a reçu Tony Blair dans le jardin de l'hôtel particulier du 35, en compagnie de François Fillon, pour qui le costume de Premier ministre semble déjà taillé sur mesure. Le leader du "New labour" et celui de l'UMP ont évoqué l'Europe à leur tour et sont tombés d'accord sur le principe d'un traité simplifié pour relancer la réforme des institutions européennes.

La connivence entre les deux hommes, très apparente vendredi, n'est pas feinte. Durant sa campagne, Nicolas Sarkozy a souvent fait référence à Tony Blair en matière économique, en termes de rationalisation des services publics et de lutte active contre le chômage. Les deux hommes partagent en effet la même volonté de ne pas remettre en cause l'économie de marché et la globalisation des échanges, orientées vers une meilleure redistribution des richesses et un objectif de croissance continue. La complicité va au-delà de la visée politique insiste le futur chef de l'Etat. "J'ai une très grande amitié depuis longtemps pour Tony Blair, qui n'est pas simplement une question de proximité politique. Tony Blair est un homme que j'apprécie humainement parlant. Je peux dire que c'est un ami", a confié Nicolas Sarkozy après leur entretien, le plus souvent en français.

Ouverture anglo-saxonne

"Tony Blair a montré que l'on pouvait obtenir le plein emploi et il a profondément modernisé son pays. Il a su rassembler des majorités au-delà de sa propre famille politique pour obtenir des résultats importants", a déclaré un Nicolas Sarkozy interrogé sur le "modèle Tony Blair".

Modèle ou pas, le président élu a rompu avec la tradition franco-allemande qui voulait que le nouveau chef d'Etat de l'un des deux pays rencontre son homologue d'Outre-Rhin pour son premier échange international. Angela Merkel devra donc attendre. Mais l'axe franco-allemand ne devrait pas souffrir des circonstances: Tony Blair était de visite à Paris avant d'entamer une tournée d'adieu qui le mènera jusqu'à Washington et la passation des pouvoirs entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy est prévue pour le 16 mai... Une interprétation qui ne satisfera peut-être pas les tenants d'une relation forte entre les deux Etats moteurs de l'Union européenne mais qui confortera certains observateurs qui voient Nicolas Sarkozy privilégier à l'avenir les relations atlantiques et anglo-saxonnes. Peut-être un nouveau style de la diplomatie française...

Par Jérôme GUILLAS
leJDD.fr

11/05/2007

LeJdd.fr

Publié dans MODELE ANGLO-SAXON

Commenter cet article

ernest 14/05/2007 04:49

Monsieur Sarkozy, a priori a compris qu’il avait un peu déconné en termes d’image avec son escapade maltaise en yacht et fait désormais amende honorable.Tous les détails sur le blog www.thedino.org, le billet s’intitule « TUPPERWARE »